Obsédé direz-vous? Non, simplement mettant à jour des connaissances de faits historiques que trop petit je ne risquais pas de connaitre lors de leur survenance, puis que disons le simplement bon nombre de profs d'histoire tant dans le secondaire que le supérieur ont évoqué de façon superficielle dans leurs cours.

En sciences économiques dans les années 60, période pendant laquelle je fis mes études en économie et finances, nous avions en 1ere et seconde année un cours d'histoire des Institutions du Moyen Age aux temps modernes, mais je ne me souviens guère de la partie qui fut consacrée de façon approfondie à la seconde guerre mondiale. Bien entendu on nous conseillait de lire le monument de William Shirer, "The rise and fall of the 3rd Reich, j'ai lu toute l'histoire de la 3e République de Jacques Chastenet 7volumes passionnant que je dévorais en quelques semaines, la IVe république de Jacques Fauvet que certains nostalgiques socialistes feraient bien de relire pour se remettre en mémoire les inrigues de certains de leur idôles pas loin d'être des petits saints et qui mirent la France au sommet du ridicule comme le fait le gouvernement actuel et son président, ou l'histoire de l'épuration et de Vichy de Robert Aron ou celle de la Gestapo de Jacques Delarue.

Tous ces livres mériteraient leur réédition tant ils étaient passionnants et superbement écrits.

Au départ je ne fus pas un fou d'histoire ni de lecture mais deux professeurs marquérent mon parcours universitaire qui me firent totalement changer de comportement: JeanCarbonnier dont je lus avant d'entamer ma première année de sciences-éco, les deux tomes de cours de droit civil, sur la plage, l'été à Cagnes sur mer, comme l'on lit un San Antonio -c'est dire la façon intelligente et passionante de présenter un sujet pourtant des plus rébarbatifs et méprisé par le non juristes- et Jean-Jacques Chevallier mon prof d'histoire à la fac de Grenoble qui lui, littéralement affalé sur la chaire du grand amphi longue d'environ 10m, en toge et décorations, vivait littéralement les faits et gestes des chevaliers du Moyen Age en nous faisant son cours sans la moindre note! On n'aurait pas loupé un cours tant il nous fascinait par sa fougue teintée d'un léger accent du sud.

Tout cela a laissé une marque indélébile et il n'est donc pas étonnant qu'aujourd'hui le vieux bonhomme que je suis devenu continue a rafraichir par cycle des périodes pas toujours approfondies dans ma jeunesse.

Les méfaits des Nazis m'ont toujours fait horreur, mais comme toujours, à moins d'avoir un appétit pour ce genre de monstruosités on essaie de les laisser en second plan même si on les condamne sans équivoque. C'est d'ailleurs là le danger car il n'est pas certain que l'on ait une vision impartiale et froide des évenements. Les historiens eux-mêmes soit plus ou moins préssés par l'opinion soit moins impartiaux qu'ils ne le prétendent, sont confrontés à ce problème.

Ce préambule pour parler du 3eme livre lu au cours de ce week end et début de semaine, écrit par Max Hastings en 1981 et republié à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement et consacré à la sinistre division Das Reich qui fut l'auteur des massacres de Tulle et d'Oradour sur Glane lors de sa remontée vers le nord pour rejoindre le front de Normandie juste après le 6 Juin 1944.

Première particularité, ayant envie de lire le livre sans attendre de trouver sa version originale en anglais, je pris l'édition de Tallandier dans la collection Texto dirigée par Jean-Claude Zylberstein en espérant avoir en main une traduction bien faite. Quand on est bilingue rien n'est pire que de lire une traduction qui sent son mot à mot souvent truffée de contresens. Il faut féliciter sans réserves René Brest le traducteur, pour son travail d'une qualité exemplaire.Non seulement on ne sent pas le passage d'une langue à l'autre, mais le style pourrait faire croire à un original en Français. Un vrai régal.

Quant à Max Hastings on ne peut que lui tirer son chapeau devant la cohérence, la structuration avec laquelle il présente de façon chronologique l'avancée des troupes et les attaques des différents résistants. Mais ce qui est encore plus remarquable est l'extraordinaire impartialité de l'auteur. Il n'hésite pas un seul instant à pointer du doigt les erreurs ou les graves maladresses des alliés tant en France occupée qu'en Angleterre au niveau des différents échelons qui ont pu être des causes indirectes des horreurs qui ont suivi les actions ayant pour but de retarder le plus possible l'avance de la division pour rejoindre la Normandie et qui jouera un rôle non négligable dans la victoire alliée dans la bataille de Normandie. Il en est de même pour le comportement des différents groupes de résistants toutes tendances confondues. On pourra peut-être trouver un peu difficile à avaler sa comparaison finale entre les massacres et les bombardements alliés sur les grandes villes Allemandes en particulier l'horreur de celui de Dresde, mais ceci pourrait faire l'objet d'un livre à soit seul et dont la controverse ne prendra de toutes façons pas fin.

Ce livre est à lire sans la moindre hésitation.