Nous connaissons tous Carmen, éventuellement la suite de l'Arlésienne, et pour les plus mélomanes ou balletomanes, la symphonie en Ut, cette dernière ayant été chorégraphiée sous différentes versions par le grand Georges Balanchine.

Mais que savons-nous du compositeur lui-même. Sans doute de nombreux ouvrages lui ont été consacrés mais même le mélomane que je suis ne connaissait rien de sa vie et des circonstances de sa mort à 37 ans au moment où enfin son talent commençait à être reconnu par un large public.

Flanant dans une librairie, je sais que je dois corriger ce défaut et que j'ai un exemple à suivre en la personne de notre ministre de la culture (dois-je écrire ministresse pour respecter les droits de la femme!?), mais je n'y peux rien, se suis incorrigible.

Hervé Lacombe a publié chez Fayard grand spécialiste des biographies de musiciens et autres ouvrages relatifs à la musique de tous genres, un remarquable livre sur Georges Bizet. 800 pages documentés permettant au profâne comme au spécialiste de connaitre parfaitement cet extraordinaire musicien injustement traité par la majorité du public de son vivant. 

Sans doute certains développement ne sont pas à la portée du lecteur lambda; moi-même ai sauté des analyses approfondies de certaines des oeuvres présentées dans le livre. Cela ne nuit en rien le déroulement de la lecture. 

On reste confondu quand on découvre que la Symphonie en Ut qui fut composé par un jeune homme de 17 ans soit restée inconnue du public Français jusqu'à 1932 et ceci par la faute même de ceux qui étaient en charge de sa succession. Carmen du attendre la reconnaissance de pays étrangers pour devenir le "tube" que l'on sait. Comment le directeur de l'Opéra comique avait-il eu l'audace de présenter un sujet aussi scabreux aux spectateurs qui venaient là principalement pour caser leur sages et prudes jeunes filles! 

On alla jusqu'à accuser l'ouvrage de Wagnérisme!

Ce qu'on aussi le public sait beaucoup moisn c'est que Bizet était soliste de très haut niveau doté d'une mémoir visuelle exceptionnelle, l'anecdote suiivante en donne la preuve.

Lors d'une soirée dans le salon d'un personnage en vue de l'époque où Franz Liszr présenta pour la première fois une oeuvre nouvelle d'une difficulté technique dont il était coutumier, Bizet intéressé par la composition se mit au piano tandis que les louanges fusaient de toutes part vers le compositeur virtuose. Sauf erreur Liszt proposa à Bizet la partition, celui ci refusa et d'une traite rejoua l'oeuvre dans sa totalité de mémoire. Liszt éberlué qui venait de dire que seul lui pouvait être capable de surmonter les difficultés techniques de sa composition  dit alors à Bizet que jusqu'a présent il se croyait le seul et qu'ile étaient maintenant ex aequo. On ne pouvait faire meilleure consécration au jeune musicien en public de la part d'un des plus grands virtuoses du XIXe siècle et compositeur de génie.

Bizet préféra se consacrer à la composition plutôt qu'à la carrière d'interprète. Cela ne l'empêcha pas d'écrire de nombreuses oeuvres pour clavier injustement négligées par les solistes actuelles pour de simples raisons mercantiles et de remplissage de salles.

Voilà un livre remarquablement écrit et que je conseille à tous les mélomanes ou non.