Décision de dernière minute je fais un tour hier à la bourse des billets de l'opéra de Paris me disant que je rêve et ne risque pas de trouver une bonne place en revente pour l'une des soirées de La Bayadère reprise cette année pour les fêtes.
Coup de bol: 1er rang d'orchestre pour ce soir 14/12 à 19h30. qui plus est le vendeur fait une ristourne de 14% sur le billet en catégorie Optima (soit 120€ au lieu de 140). Rendez-vous est pris pour cet après midi pour récupérer le billet.

Ce spectacle le dernier chorégraphié par Noureev avant sa disparition, pour l'opéra de Paris est régulièrement remonté. Il bénéficie d'une des plus belles mises en scène de ballets qui se puisse voir. Décors fabuleux d'Ezio Frigério qui reste fidèle à son principe d'acte en camaïeu sur une couleur dominante. Chez le Brahmane  dans les tons de bleu foncé, dans le palais du Rajah l'or et les rouges prédominent et enfin pour le ballet des ombres du 3e acte le cyan contrastant avec le blanc des bayadères défuntes. La fidèle Franca Squarciapino signe des costumes d'un luxe incroyable nous transportant sans difficulté dans des Indes de contes de mille et une nuits.

En arrivant annonce de changement de distribution, le rôle principal de Solor est tenu par Hugo Marchand, je ne sais pas qui devait à l'origine le danser. Ce danseur de 22 ans qui est entré à l'école de danse en 2007 après avoir obtenu un premier prix du conservatoire de Région de Nantes intègre en 2011 la troupe à l'âge de 18 ans et en 4 ans atteint le grade de premier danseur, passant rien qu'en un an de sujet à ce dernier niveau qui précède le titre envié d'Etoile l'échelon suprême rêvé par tous. Parti comme il l'est je ne serai pas étonné qu'avant la fin de la décennie il ne soit nommé à ce titre. Une technique sans faille, de l'allure et de la prestance, et beaucoup d'expression dans ce rôle qui est loin d'être facile. Une vraie plume s'élevant au dessus du plateau comme tenu pendant plusieurs secondes par un fil invisible.

Dans le rôle de la Bayadère l'étoile Dorothée Gilbert. Toujours aussi élégante, expressive et jolie, une vraie comédienne, par contre que lui est-il arrivé? Elle est d'une maigreur quasi anorexique; je viens de repasser le défilé du corps de ballet de début de saison 2014/2015 et c'est saisissant.

Déception avec le Brahmane  de Guillaume Charlot qui fait trop gentil presqu'efféminé. 

Enfin troisième rôle important celui de la fille du Rajah, Gamzatti que danse Marion Barbeau dans le corps de ballet depuis 2008 actuellement Choryphée qui elle aussi ne m'a guère impressionné. Peut-être n'était-elle pas en forme ce soir.

On reste encore une fois stupéfait devant la qualité du corps de ballet filles comme garçons, aux ensembles impeccables ainsi que les 10 élèves de l'école de danse qui ont aussi leurs variations dont ils se tirent sans faute, enfin presque, mais comment le leur reprocher, quel trac on doit avoir sur ce plateau et dans un tel spectacle.

Le clou du spectacle est bien entendu l'arrivée des ombres au troisième acte où les 32 danseuses dans une rythmique sans faille et un ensemble parfait entrent sur une sorte de marche lente en arabesques alternées descendant d'une rampe dont la pente doit bien faire 5 à 7% dans la pénombre, les projecteurs n'éclairant que les tutus blancs. Défilé magique et emprunt de tristesse évidemment puisqu'elles sont les fantômes des bayadères mortes.

Noureev faute de temps et sans doute parce qu'il souhaitait aussi ne pas tomber dans le grand spectacle à machine, à supprimé le quatrième acte où lors du mariage de Solor et de Gamzatti le temple s'écroule sur les jeunes époux, vengeance s'il en est de la Bayadère trahie.

Un spectacle que je revoyais pour la quatrième fois avec toujours le même plaisir et qui se donne à l'Opéra Bastille jusqu'au 31 décembre; si vous êtes parisien tenter votre chance sur la bourse aux billets de l'opéra ici vous ne le regretterez pas. 

Et pour ne pas vous laissez sur votre fin voici dans son intégralité le ballet retransmis en 2013

 

Dans les rôles principaux

 

Solor:Josua Hofalt

 

Nikiya: Aurélie Dupont

 

Gamzatti: Ludmila Pagliero (devenue étoile depuis)

 

Il existe un dvd d'une autre représentation donné 2 ans après la création en 1994 ave Isabelle Guérin,Laurent Hilaire et Elisabeth Platel (l'actuelle directrice de l'école de danse) qui furent les créateurs de la production en 1992

 


La Bayadere Bastille - Acte I par Kriss9192 


La Bayadere Bastille - Acte II par Kriss9192


La Bayadere Bastille - Acte III par Kriss9192