Ce texte fait partie d'une anthologie qu'un jour j'ai voulu acheter mais  j'y ai renoncé vu son prix: 300 euros. L'auteur Edmond Brua a écrit aussi une remarquable parodie du Cid dont je possède un exemplaire et une autre parodie "L'impromptu d'Alger" Le Cid est bien entendu écrit en vers et en alexandrin. Ces ouvrages ont été joués entre autres par des acteurs réunis sous le nom de la troupe du CRAD (Centre Régional d'Art Dramatique d'Alger) à laquelle appartenait des acteurs qui deviendront célèbres: Robert CastelLucette SahuquetMarthe Villalonga !!!

Ce petit bijou n'est pas évident à donner croyez moi et encore moins à mémoriser. Autant je n'ai pas eu de mal à prendre l'accent autant ai-je été incapable de retenir le texte par coeur lorsque je l'ai passé à mon cours de théâtre il y a quelques années.

LI CHACAL Y LI PITIT MOTON

On jour qui fit chaud blous qui siroco,

Tot li monde y marchi por sarchi gargolette.

C’oui la qui I'a I'arjan, y son boir I'anisette,

Y si i yana pas, bar force ti boir di I'o.

On to pitit moton qui  n’en a pas I'arjan

Y marchi por Ia rote afic soif bocoup;

Y son trouvi oued, tot pris di mazafran,

Osqui yana di I'o qu'il Iti friche com' tout.

On chacall qui bassi y son voir cti moton,

II trouvi bian joli, bian smin y bian bon;

Il pensi qui por boir, bisoin bian manger;

Alors I s’approchi, y commenci à crier

Di bougre , di couchon, salopri, ben aliouf,

Pourquoi ti salir lo ? On bo blous j’i m’itouf.

Bardon, m'siou chacal, qui repond li moton,

Ti trampi, ci vos otres qui vos ite on couchon.

Ti boir par en haut y moi j'y suit en bas,

Y ti vian m’angeuli, encore qui ti bois pas.

Quisqu Ci, mon zami ? qui repond li chacail,

Ti fir la mariol  ti vi faire la bataille ,

J’i conni bien ton pire, déjà y m’a voli

Plous di cinquante pol, y plous di cent polis

Pourquoi fir, more zami? y loui dit li moton,

Nos otres mangeons l’hirbe y vos otre li moton

Moi ji Mange di Moton? bogre di gran blagor.

Pit-etre qui to pense, qu'on chacail il a por ?

Atan moi ! Li chacail i soti comma la lion,

Y trape por li cou et y touille li moton.

Son fini qu’il a dit ; moi j’y soui bien content

J’en a d’lo qui son friche, on moton ixcillent.