Vue du passé: Le Caire en 1952  (souvenirs et mémoires)posté le dimanche 08 juin 2014 11:01

J'ai parlé dans un précédent article de mon départ d'Egypte en 1951 et de la dernière vision que j'ai eu depuis l'immeuble où j'habitais sur la ville. Ci dessous , voici ce que l'on voyait du 13e étage de l'immeuble Immobilia où nous vivions. Pour ceux qui ont été en Egypte, il se trouvait non loin du musée du Caire passage obligé de tous les touristes. Une des grandes artères de la ville passait au bas de cette façade, la rue Qasr Al Nil (Palais du Nil, en arabe) , menant au pont du même nom. Lors de funérailles officielles, le cortège passait sous nos fenêtres et l'on pouvait entendre très distinctement les pleureuses suivant le cortège! 

Le pont a été le lieu de passage également des révoltes récentes de 2011

Le pont Qasr al-Nil a été construit à partir de 1931 à l'emplacement d'un ouvrage plus ancien, le pont al-Gezira, édifié en 1872. De cette imposante structure, inspirée des canons architecturaux européens, ne subsistent que deux lions monumentaux en bronze, œuvres du sculpteur français Henri-Alfred Jacquemart (auteur de plusieurs statues en Égypte).

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Le pont Qasr al-Nil au crépuscule

L'essor du trafic automobile détermine les autorités à remplacer l'ancien pont par un édifice plus moderne, en acier. Un concours est lancé et c'est finalement le projet du cabinet d'architectes britannique Dorman, Long & Co. Limited qui remporte le contrat. La première pierre du nouveau pont est posée au cours d'une cérémonie solennelle le 4 février 1931 par le roi Fouad Ier en personne. Après deux ans de travaux nécessaires à l'achèvement du pont, le souverain préside à la cérémonie d'inauguration de l'ouvrage le 6 juin 1933. Le pont est baptisé « pont khedive Ismaïl », du nom du père du roi Fouad, Ismaïl Pacha. Il sera débaptisé au moment de la révolution égyptienne de 1952, prenant le nom de « Qasr al-Nil » (Palais du Nil, en arabe), d'après un célèbre palais qui s'élevait alors non loin de là (à l'emplacement de l'actuel hôtel Nile Hilton). Cela dit la dénomination officielle était déjà en usage bien avant 1952.

En partant sur la ligne d'horizon à droite on aperçoit un minaret puis un peu plus loin la grande pyramide de Khéops de230 m de côté et 137 m de hauteur (ou encore initialement 440 de côté et 280 de hauteur en coudées royales égyptiennes). 

Cette photo a été prise début Juillet 1952 quelques jours avant le départ définitif de mes parents, pour la France. Quelques jours plus tard, le 22 Juillet la révolution Egyptienne éclatait avec la destitution du roi Farouk et la prise de pouvoir du général Naguib el-Hilali. Devant la révolte, le roi Farouk quitte le pays à bord de son yacht personnel, le Mahroussa. C'est son fils Fouad, âgé de six mois qui prend sa succession. Au petit matin, un Conseil révolutionnaire est institué. Le général Naguib en était le président, mais l'essentiel du pouvoir se trouvait entre les mains de Nasser.

Si l'évènement se déroula dans le calme, le début de cette année fut marqué par des évenements sanglants le 26 Janvier 1952.

Ces troubles trouvent leur origine une fois de plus dans les rapports Britannico Egyptiens à propos du Canal de Suez. On trouvera ici un excellent article sur la genése des troubles dont l'origine est bien antérieure à leur survenance. J'en extrait les lignes qui suivent.

L’attaque d’Ismaïlia et l’incendie du Caire

...Face à la résolution des Britanniques, le gouvernement égyptien donne l’impression de ne pas dominer la situation : il apparaît qu’au-delà de son coup de théâtre, il n’a rien préparé et se retrouve débordé par les réactions des nationalistes, contraint, à la fois, de suivre ces derniers pour ne pas perdre le reste de sa crédibilité et obligé de les freiner pour ne pas voir la situation se dégrader. Il institue ainsi des mesures de soutien financier au profit des personnes engagées dans la lutte contre les Britanniques; il offre de« fournir du travail à tous ceux qui quitteraient leur emploi auprès des forces britanniques, à un niveau de salaire équivalent à celui reçu chez les Britanniques » mais, incapable de tenir ses promesses, il prend des dispositions pour empêcher tout retour dans la zone du canal de façon à ne pas laisser croire à un affaiblissement des Egyptiens dans leur lutte nationale. Il donne son appui à un projet de loi visant à interdire toute collaboration avec les Britanniques, sous peine d’amende, voire d’emprisonnement. Il rappelle son ambassadeur en poste à Londres au moment de la démolition des maisons de Kafr - Abdû, en décembre 1951.

A la stupeur des Anglais, il avalise indirectement la provocation des nationalistes qui mettent à prix la tête du lieutenant général Erskine dans la mesure où il n’interdit ni la vente, ni la circulation du numéro d’al-Gumhûr incriminé. Le gouvernement wafdiste ne manque pas non plus d’exploiter les frustrations comme dans cette annonce de la transformation en jardin public de l’éminemment symbolique Gezira Sporting Club. En même temps, il cherche à reprendre le contrôle des « escadrons de la libération » en plaçant l’organisation et l’entraînement de ces groupuscules sous la responsabilité d’un ministre d’Etat. Il se soucie également, en sous-main, de maintenir le contact avec le premier partenaire économique de l’Egypte, en renouvelant des commandes de matériel auprès d’entreprises britanniques et en acquittant les factures dans les délais. Il envoie même au début du mois de janvier 1952 un émissaire rappeler au gouvernement britannique combien le maintien des échanges avec la Grande-Bretagne est essentiel pour la survie du pays. Il se garde bien également d’envoyer l’armée contre les Britanniques.

Outre la faiblesse des forces armées égyptiennes en comparaison du potentiel militaire britannique, les dirigeants mesurent les risques de détérioration de la situation qu'une intervention militaire ferait courir à l'Egypte et à son gouvernement. Il n'est pas question de pousser la querelle jusqu’à de telles extrémités. Cependant, force est de constater qu’aucune mesure n’est prise pour rétablir l’autorité gouvernementale sur les unités de police auxiliaire, pourtant identifiées par les Britanniques comme la source principale des violences dans la zone du canal. Des menaces à peine voilées, issues des plus hautes instances étatiques semble-t-il, sont aussi transmises aux autorités militaires britanniques. Le jeu trop ambiguë du gouvernement égyptien détermine les responsables britanniques à adresser un message clair à leurs homologues égyptiens, aux terroristes, mais aussi à leurs propres soldats, éprouvés par la tension dans laquelle ils vivent depuis plusieurs mois.L’opération contre les buluk nizâm est prévue pour le 25 janvier 1952, à Ismaïlia, qui a été identifiée, depuis le regain de violence dans la zone du canal, comme le point d’appui de la résistance.

À 6 heures du matin le 25 janvier, les forces britanniques, placées sous le commandement du général Erskine, encerclent le poste de police et le « bureau sanitaire », dont les bâtiments ont provisoirement été attribués auxbuluk nizâm. Un ultimatum est simultanément envoyé au Sous-gouverneur d'Ismaïlia et au général commandant la police, les informant que cette opération vise à désarmer la police auxiliaire et à l'évacuer hors de la zone du canal ; la police régulière sera, quant à elle, autorisée à reprendre ultérieurement ses fonctions dans la ville. Tous les hommes présents dans l'un et l'autre immeubles sont sommés d'en sortir pour permettre aux Britanniques d'accomplir leur tâche ; s'ils n'obtempèrent pas, les Britanniques se verront contraints d'employer la force. Le général, seul, fait parvenir une réponse : la police auxiliaire et régulière résistera conformément aux ordres du gouvernement égyptien. Après avoir cherché à parlementer avec les officiers présents sur place, les Britanniques donnent l'assaut. A la fin de la matinée, 41 morts et 68 blessés sont à déplorer dans les rangs des policiers. Véritable traumatisme pour les Egyptiens, les morts du 25 janvier 1952 deviennent des héros de l'histoire nationale.

Le lendemain, en réponse à ce massacre, la capitale égyptienne est incendiée. Le Caire est, depuis plusieurs jours déjà, en effervescence : le 14 janvier, le convoi funèbre d'un étudiant tombé dans la zone du canal au cours d'un accrochage avec les forces britanniques a été longuement salué par la foule; le 20 janvier, des étudiants armés ont manifesté à travers les rues de la ville. Dans cette ambiance tendue, les discours du ministre de l'Intérieur ne sont pas de nature à apaiser les esprits : « Les choses sont allées au-delà du point où les protestations sont possibles », explique-t-il après les opérations de ratissage du quartier du cimetière d'Ismaïlia le 21 janvier.

« L'action britannique à Ismaïlia excède ce que l'esprit humain peut concevoir. Les femmes sont à moitié dévêtues dans la rue et emportées dans des camps où leur sort demeure inconnu. Les mosquées sont profanées, comme les cimetières ; un bon nombre d'Egyptiens sont tués ou blessés et crucifiés sur des arbres ».

Une brochure illustrée, intitulée Les atrocités britanniques dans la zone du canal, distribuée par la poste depuis le 22 janvier ne contribue pas moins à exciter la population. L'annonce du massacre d'Ismaïlia, dans ce contexte, déchaîne la violence.

La matinée du 26 janvier débute par la manifestation des buluk nizâm cairotes non loin du palais royal. Les étudiants viennent rapidement se mêler au cortège dont l'atmosphère est déjà électrique. Mouvement de la colère populaire ou, plus vraisemblablement, action de quelques gangs organisés, imités, probablement, plus tard, par de petits groupes surexcités et des pillards, plus de 250 foyers sont allumés à travers la ville à partir de midi. Plusieurs heures durant, le centre européen du Caire est la proie des flammes. La police, en ne cherchant pas à arrêter les meneurs ou à calmer la foule, contribue indirectement à amplifier le désastre.

Les bâtiments britanniques sont les premiers visés : le Turf Club ou leShepheards Hotel, des établissements bancaires comme la Barclay's Bank ou commerciaux, comme W.H. Smith and Sons ou l'agence de voyage Thomas Cook and Son Ltd sont entièrement brûlés. « Même une liste complète de ces entreprises ne donnerait pas une image complète des pertes subies par le commerce britannique » indique le rapport de la Chancellerie de l'ambassade britannique quatre jours après le désastre, ajoutant « bien des établissements non-britanniques qui ont été détruits, étaient des concessionnaires de biens britanniques ou en faisaient le commerce ».

Mais les incendiaires ne s’en prennent pas seulement aux installations britanniques : les cinémas, les clubs, les bars, les magasins fréquentés par la classe dirigeante, les établissements de luxe ou ceux offrant des « distractions ‘occidentales’ » sont également attaqués.

L’intervention de l’armée en fin d’après-midi, après que « la foule s'est assemblée devant le palais, criant ‘Guerre aux Britanniques’ ou ‘Révolution’ », précisent ultérieurement les Britanniques, permet de ramener le calme dans la capitale dévastée. Peu avant minuit, la loi martiale est proclamée. Au terme de la journée, le bilan humain et matériel est lourd : on dénombre une trentaine de morts et environ cinq cents blessés ; plus de sept cents bâtiments ont été brûlés, en partie ou en totalité.

Vue du coté de mes parents, les évènements auraient pu avoir des conséquences dramatiques et ils n'eurent la vie sauve que par le fait du hasard. En effet en bas de l'immeuble se trouvait son grand garage où se trouvait plus de 300 véhicules. Les manifestants s'y sont introduits pour y mettre le feu. Le gardien de l'immeuble eut l'idée d'aller voir les manifestants et de dire aux meneurs qu'une congrégation musulmane priait au premier étage et qu'en faisant sauter l'immeuble ils commettraient un crime contre le seigneur! Ceux-ci avaient déjà mis le feu au magasin de luxe, "le Salon vert", situé au rez de chaussée. Ils s'empressèrent de l'éteindre et d'aller vers un autre endroit! Les habitants de l'immeuble s'étaient réfugiés au 14e étage ne pouvant quitter l'immeuble dont les escaliers étaient envahis par le fumée et les ascenseurs hors d'usage.

La cible des manifestants ne s'est pas limitée aux seuls Britanniques, mais s'est également étendus aux possessions juives et chrétiennes ce que ne dit pas l'article.

La décision irrévocable de mes parents de quitter le pays fut la conséquence de cette journée, malgré les pressions des personnalités liées au pouvoir, souvent patients de mon père, pour le retenir en Egypte pour continuer à assurer la direction du service de cardiologie de l'Hôpital Français.

A l'un des ministres assurant à mes parents des mesures de sécurité en cas de nouveaux troubles ma mère qui parlait parfaitement l'arabe, rappela à celui ci un proverbe arabe:

"Yom assal, yom bassal"

Qu'on peut traduire par "un jour a le gout du miel, le suivant de l'oignon"! Elle ne savait pas si bien dire, il fut mis en prison par le nouveau pouvoir, en Juillet puis en résidence surveillée, jusqu'à son expulsion définitive en 1956 au moment des nouveaux évenements de Suez!

Mes parents arrivèrent à Marseilles le 7 Juillet, 15 jours avant la destitution du roi et l'arrivée au pouvoir du nouveau régime! Il était temps!

 

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Une ouverture inégalée: Lawrence d'Arabie musique de Maurice Jarre  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 05 juin 2014 20:18

Chaque fois que je revois ce film et ce prélude, je me retrouve ce matin de juillet 1951 alors que j'allais quitter définitivement l'Egypte. J'avais 10 ans ou presque, je savais que je ne reviendrai plus, mes parents allaient me confier pendant un an à une famille française de Grenoble et ce devait un désastre marquée par la xénophobie typiquement française de l'époque sans parler du caractère envieux de gens qui ayant subi la guerre faisait porter sur tous les autres les malheurs qu'ils avaient eu.

Ce matin là, comme nous devions partir tôt pour rejoindre Alexandrie en voiture pour prendre notre passage sur le paquebot Providence, je me suis trouvé sur notre balcon surplombant la ville du Caire et d'où l'on voyait à l'horizon les pyramides de Giseh et celles de Sakkarah. Le soleil se levait et le tout baignait dans un camaieu de couleurs jaunes orangées avec ce léger voile poussiéreux qui était et doit toujours être la caractéristique de l'atmosphère des ville egyptiennes. Quand j'entends la partition de Maurice Jarre pour Lawrence d'Arabie et tout particuliérement le passage du lever de soleil sur le désert, c'est toujours l'estomac contracté que je revois le jour de ce départ de ma ville natale.

Voici cette ouverture, superbement interprétée lors d'un des concerts des Proms de Londres par le John Wilson orchestra qui en restitue à la perfection toutes les nuances voire la sauvagerie.

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RAY DOLBY  (souvenirs et mémoires)posté le samedi 21 septembre 2013 00:56

Qui ne connaït pas le mot Dolby, il n'est autre que le nom de celui qui mit au point le système de reduction de bruit de fond de tous les enregistrements que nous entendons tant au cinéma, au disque ou à la télévision. Cet inventeur génial qui à l'age de 18 ans travaillant à temps partiel pour la société Ampex sur les tous premiers enregistreurs utilisés dans les télévisions du monde entier, poursuivait en même temps ses études de lycéen. Toujours à temps partiel il continua ses études à l'Université de Stanford  puis ensuite fit un doctorat de physique à l'Université de Cambridge en Angleterre avant de proposer à la société DECCA de tester son système de reduction de bruit pour ses enregistrements.

Ray Dolby nous a quitté le 13 septembre 2013. Il est l'exemple même de cette capacité créatrice américaine qui nous fait tant défaut en Europe et tout particulièrement en France.

Pour ceux qui ont une bonne connaissance de l'anglais il y a sur le site ci-dessous une interview de plus de trois heures en 7 parties de cet homme remarquable d'une époustouflante humilité, réalisée en 2007 où elle explique et détaille son parcours et ses réalisations. 

http://www.emmytvlegends.org/interviews/people/ray-dolby

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Maison des environs de Washington à Georgetown (souvenirs et mémoires)posté le mardi 02 juillet 2013 11:34

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Cour intérieure de la Freer Gallery of Art (souvenirs et mémoires)posté le mardi 02 juillet 2013 11:33

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Ce Musée qui communique avec la Sackler Gallery est entièrement consacré à l'art Asiatique et au peintre Américain James McNeill Whistler (1834–1903). On y trouve sa célèbre Peacock Room http://www.smithsonianstore.com/assets/product_images/290x290/10604.jpg 

qui faisait partie de la résidence du magnat des transports navals britannique Frederick Leyland. Cette salle à manger devait servir d'écrin à la collection de porcelaines chinoises du propriétaire et fut redécoré par le peintre en 1876. L'ensemble fut acheté par Freer en 1904 puis transféré de Londres à Detroit avant de rejoindre Washington après la mort de Freer .( cf photo du post suivant (source site du musée: http://www.smithsonianstore.com/the-peacock-room-comes-to-america-10604.html# )

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L'une des salles de la Librairie du Congrés (souvenirs et mémoires)posté le mardi 02 juillet 2013 11:16

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Quelques photos de Washington  (souvenirs et mémoires)posté le mardi 02 juillet 2013 11:08

Petit pied à terre à vendre sur la 12eme rue! Attention aux servitudes!

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Kennedy Center: le salon de la loge Présidentielle à l'Opéra  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:12

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Au fond près de la porte donnant sur la salle, est acroché sur le mur le sceau du Président des USA. Quand il assiste à une des soirées, celui ci et posé sur la porte du salon donnant sur le hall du 1er étage, le Box Tier.

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Kennedy Center; le lustre en crystal de l'Opera (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:08

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souvenirs et mémoires

Kennedy Center : Fontaine sur la terrasse à l'entracte  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:06

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Kennedy Center : Le Grand foyer  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:05

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Kennedy Center : le Couloir des Etats donateurs ayant des relations diplomatiques avec les USA (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:04

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Retour de Washington et petit tour du Kennedy Center for the performing arts, un exemple à suivre...  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 20 juin 2013 18:02

Les froggies sont de retour au bercail après une bien agréable semaine de détente au pied du Capitol!
Washington est sans doute un des meilleurs exemples de construction citadine réussie. Grâce à une législation
intelligente on nous épargne les murs de béton de 100m de hauteur, puisque aucun immeuble ne peut dépasser en
hauteur deux fois la largeur de la rue qui le borde! Il en résulte une formidable impression d'espace. De plus c'est une
ville où la nature règne en maitresse, pas un endroit qui ne soit bordé d'arbres, parcs et jardins à profusion et les quartiers résidentiels
de Georgetown en particulier sont un vrai nid de verdure.

Coté loisirs et visites on est plus que gâté avec les innombrables musées dont on ne peut même pas faire le tour en 8 jours tant ils foisonnent!
Et la majorité d'entre eux sont gratuits! Merci Mme la Ministre de la culture de la République Française de l'inculture, qui nous fait payer le Louvre
quelque 13 euros quand tout l'ensemble aussi monumental et riche des différents musées de Smithsonian Institute sont gratuits! Paraît que les Français
savent pas faire et que les vieux sont là pour payer m'a dit un jour un collaborateur du ministre!!!!

Nous avons allégrement usé nos semelles tout au long du Mall, du Capitol au Kennedy Center, assisté à une séance à la chambre des représentants, histoire
de me faire réviser mes cours de droit constitutionnel de ma jeunesse et assisté à une reprise de l'excellente comédie musicale de Cole Porter, "Anything Goes"
à l'Opéra, salle de 2400 places aux fauteuils confortables (comme ceux de Bastille, Non?) dans le Kennedy Center. et où manque de bol on ne peut pas se casser
une jambe en rentrant dans la salle muni d'un programme complet du spectacle offert par la direction !

Ce dernier est un exemple de ce qu'aurait pu être Bastille entre les mains d'un architecte un tantinet cultivé et ayant le sens de la mise en scène et la connaissance
des nécessités de salles de spectacle. A l'origine, l'idée dès 1958 du Président Eisenhower de créer un vrai pôle culturel pluridisciplinaire dans la capitale. Idée reprise
par le Président Kennedy et poursuivi par son successeur Lyndon Johnson qui décida de faire appeler le centre du nom du président assassiné pour en faire en quelque
sorte un mémorial pendant de ceux alentours dédiés entre autres à Lincoln et Jefferson.

Le centre ne compte pas moins de 8 salles de spectacles. Une salle de concert de 2500 places, un opéra de 2400 places, le Eisenhower theater de près de 1200 places,
un petit théâtre dédié aux spectacles pour familles et enfants, tout cela au rez de chaussée, dans lequel se trouve deux grandes coursives qui traversent les quelques 91m de large
de l'ensemble. L'une est dédiée aux Etats ayant des relations diplomatiques avec les USA et ayant également fait des dons d'oeuvres d'art au centre. La France a ainsi donné deux Matisse
et deux oeuvres d'un scuplteur des années 30 dont j'ai oublié le nom et qui si ma mémoire est bonne, sont exposées dans l'espace du 1er étage de l'Eisenhower Theater. L'autre est dédie aux
Etats de l'Union dont chacun des drapeaux est exposé à hauteur du plafond quelques 10 m au dessus de soi; il en est de même des drapeaux des pays dans l'autre coursive.

Le foyer du rez de chaussée occupe la quasi totalité de la longueur du bâtiment (190m) et comme tout le reste de l'ensemble ses murs (19m de hauteur) sont recouverts
de marbre de Carrare offert par l'Italie. En son centre figure une tête monumentale du Président Kennedy. Aux deux extrémités se trouvent deux scènes , les Millenium stages
où sont donnés tous les soirs gratuitement des concerts entre 18h et 19h.

En montant sur la terrasse, on trouve un salle dédiée au théâtre expérimental (400 places), une autre salle de 513 places offerte par le Japon, et un grand espace reliant les deux façades où se donnent
régulièrement des concerts de jazz. Deux restaurants sont également présents et permettent avec les terrasses attenantes d'avoir une vue quasi circulaire sur tout Washington et ses
environs.

L'ensemble accueille tous les deux ou trois ans un festival consacré à un pays invité du centre; de nombreuses troupes étrangères et nationales viennent s'y produire, et des soirées
sont également l'occasion de primer les meilleurs réalisations théâtrales ou musciales de groupes scolaires et universitaires .

En un mot c'est exactement ce que fait la République Française en matière artistique à Paris , à l'opéra Bastille, surnommé Hôpital des Quinze Vingt bis!

Pour terminer quelques photos de ce lieu magique que l'on peut visiter tous les jours gratuitement en y étant guidé par l'un des membres de l'association des amis du Kennedy Center....

Quelques vues dans les pages suivantes et ici pour commencer avec le Couloir des Etats de l'Union ( à l'entracte vendredi dernier) le motif sur la vitre est un don de la Chine:

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Histoire fiscale  (souvenirs et mémoires)posté le mardi 04 décembre 2012 18:47

Je ne pense pas avoir posté ici la vision de la fiscalité européenne d'un des plus brillants collaborateurs de Paribas que j'ai eu la chance de connaître durant les 20 ans que j'ai passé dans le groupe; il faisait souvent partie de notre comité de conjoncture qui se réunissait chaque mois en présence de notre directeur des études économiques. Un jour il nous fit cette présentation succincte de la fiscalité européenne dont je garde le texte précieusement:

"Pour comprendre ce qu’est la fiscalité européenne nous nous essayerons a une allégorie champêtre. Dans cette période où la vache folle fait tant de mal à l'Europe, nous dirions que la fiscalité européenne est une vache apathique et famélique.

Elle est solidement attachée à un poteau qui s'appelle le Traité de Rome et qui ne prévoit pas de vraie politique fiscale et à une chaine bien courte qui s'appelle le vote à l'unanimité. Son champ de broutage est donc réduit. Par ailleurs, ses vachers (les Etats membres) n'ont pas du tout les mêmes idées sur l'alimentation qui lui conviendrait le mieux. Certains ne veulent pas qu'elle broute (Luxembourg, Royaume-Uni), d'autres veulent qu'elle ne se nourrisse que de certaines herbes (France. Belgique, Espagne ...) et ne touche pas à celles qu'elle préférerait.

Comme toute vache, elle paît à côté d'une ligne de chemin de fer de campagne. Attachée étroitement, tirée à hue et à dia, elle n'a qu'une joie dans sa vie c'est de voir passer des trains. Après de longues attentes, il en vint quelques uns : le train de la valeur ajoutée lui a plu un moment, puis en 1990 elle a vu le train Scrivener avec trois wagons, elle n'en croyait pas ses yeux. Depuis, elle rêve à des trains et même à des TGV fiscaux mais plus rien ne passe. L'herbe a poussé entre les voies, les ronces ont envahi le ballast. Est-ce que la ligne aurait été désaffectée ?"


On rencontre rarement dans sa vie des hommes d'un tel niveau et qui plus est doté d'un tel humour.

 

Triste découverte  (souvenirs et mémoires)posté le samedi 12 mai 2012 07:39

dans le desert Egyptien

On vient de retrouver dans le désert égyptien les restes d'un avion de chasse de la période de la bataille d'El Alamein dans un état de conservation extraordinaire. Hélas son occupant qui a survécu au crash, après avoir essayé sans doute de remettre en état sa radio, est parti à pied pour tenter de rejoindre la civilisation et a sans doute péri de soif dans ce désert brûlant dans des souffrances atroces...

Quand les Français ont l'arrogance de se plaindre de leur sort, ils feraient bien de réfléchir et de relire l'histoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour nous permettre d'être aujourd'hui libres de penser quels que soient les conditions économiques....

Quand aux salopards qui aujourd'hui pillent ce qui doit être considéré comme une tombe, ils sont tout aussi infectes que ceux qui en France, jouent aux pauvres victimes de l'ancienne équipe au pouvoir.

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Petit concert autour de ma chambre...  (souvenirs et mémoires)posté le mercredi 24 août 2011 19:15

Mes travaux de remise en état de ma chambre terminés, j'ai réinstallé les éléments de ma chaîne audio connectée également à mon nouveau téléviseur plat accroché au mur et remplaçant le monstre d'une tonne qui occupait une place non négligeable.

Tout en bouquinant, cet après midi je me suis organisé un petit concert mi musique de chambre (l'intégrale des quatuors et trios de Fauré) , le concerto pour violoncelle de Dvorak, et diverses oeuvres pour piano de Debussy dont le Children's corner. Mon lecteur cd est un pioneer de la grande époque: ramené lors de mon premier voyage à Hong Kong en 1986, il est doté d'un changeur de disques programmable. C'était le haut du pavé à l'époque et ça coûtait droits de douane compris, la moitié de son jumeau en France. Et quelle solidité! 1/4 de siécle plus tard il fonctionne toujours sans faille! Allez trouver une telle qualité de fabrication aujourd'hui où l'on vous conseille au bout de 3 ans de mettre un lecteur haut de gamme aux ordures à la moindre panne!

J'ai complété l'installation en remettant en ordre et hors poussière, le petit théâtre que j'avais construit pour mes enfants qui avaient droit à un spectacle si les notes en classe étaient bonnes.

Tout y passait sur cette petite scène, Molière, Feydeau et autres pièces de mon invention; Madame de Pointlesou se faisait courtiser par le commissaire Jean-Victor Desuite (Jvdesuit pour les intimes) venu enquêter sur la mort de son mari des suites d'une indigestion! Décors faits maison ou d'imagerie d'Epinal aux personnages suspendus à un fil accroché à un rail au dessus du plateau. Changements de décors à vue...

Me donnaient-ils à l'époque autant de soucis qu'aujourd'hui, ces gamins? Je crois bien que non! Tempi passati....

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Les banquiers ont de l'humour , la preuve! (souvenirs et mémoires)posté le mercredi 09 mars 2011 10:08

Il y a quelques années à Paribas bien avant la fusion notre Directeur de la fiscalité , Patrick de Freminet ancien directeur au Trésor si mes souvenirs sont bons et homme particulièrement cultivé et plein d'humour, nous fit un exposé lors de nos réunions hebdomadaires sur la conjoncture économique internationale. Il s'est livré à cette occasion à une petite allégorie pour expliquer le fonctionnement de la fiscalité européenne; en rangeant et triant des papiers ce matin j'ai retrouvé ce délicieux texte que je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager:

"Pour comprendre ce qu'est la fiscalité européenne nous essayerons a une allégorie champêtre. Dans cette période où la vache folle fait tant de mal à l'Europe, nous dirions que la fiscalité européenne est une vache apathique et famélique.

Elle est solidement attachée à un poteau qui s'appelle le Traité de Rome et qui ne prévoit pas de vraie politique fiscale et à une chaine bien courte qui s'appelle le vote à l'unanimité. Son champ de broutage est donc réduit. Par ailleurs, ses vachers (les Etats membres) n'ont pas du tout les mêmes idées sur l'alimentation qui lui conviendrait le mieux. Certains ne veulent pas qu'elle broute (Luxembourg, Royaume-Uni), d'autres veulent qu'elle ne se nourrisse que de certaines herbes (France. Belgique, Espagne ...) et ne touche pas à celles qu'elle préférerait.

Comme toute vache, elle paît à côté d'une ligne de chemin de fer de campagne. Attachée étroitement, tirée à hue et à dia, elle n'a qu'une joie dans sa vie c'est de voir passer des trains. Après de longues attentes, il en vint quelques uns : le train de la valeur ajoutée lui a plu un moment, puis en 1990 elle a vu le train Scrivener avec trois wagons, elle n'en croyait pas ses yeux. Depuis, elle rêve à des trains et même à des TGV fiscaux mais plus rien ne passe. L'herbe a poussé entre les voies, les ronces ont envahi le ballast. Est-ce que la ligne aurait été désaffectée ? "

 

 

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Place au talent! Autodérision par personne interposée!  (souvenirs et mémoires)posté le dimanche 20 février 2011 11:35

Je suis toujours impressionné et fasciné par ces dessinateurs capables de vous croquer en quelques minutes au coin d'une table. En 1985 si ma mémoire est bonne en vacances au clubmed à Pontresina en Suisse allemande pour l'été, je fis la connaissance de Jacques Kamb connu en particulier pour ses albums et personnage "Couik" et "Dicentim" et bien d'autres.

Nous étions à table en fin de repas tout un groupe entrain de rire comme des fous; il sorti son carnet de croquis et réalisa les deux caricatures ci-dessous ainsi qu'une troisième que je ne retrouve pas pour le moment, et que je trouve absolument géniales d'à propos et délirantes!

 

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Le naufrage du paquebot Champollion en Décembre 1952  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 10 février 2011 08:52

LE CHAMPOLLION


caractéristiques:
longueur: 156.70 m, puis 168,05 m après 1934
largeur : 19,2 m
jauge brute: 12239 tonnes puis 13619 tonnes après 1934
port en lourd: 6360 tonnes puis 5043 tonnes après 1934
déplacement: 15 270 tonnes
passagers: 188 premières, 135 secondes, 128 troisièmes et 500 en entrepont puis après 1934, possibilité de 760 rationnaires en entrepont
propulsion: 2 machines à vapeur alternatives à triple expansion chauffées au mazout, puis 2 turbines Maier Wach à partir de 1934
puissance: 10 000 CV puis 14 600 CV après 1934
vitesse: 16 nœuds puis 19,2 nœuds après 1934
3 cheminées puis une seule après 1951:
histoire:
Lancé le 16/3/1924 à La Ciotat. Affecté comme son sister-ship le MARIETTE PACHA à la ligne rapide d' Egypte - Syrie (Alexandrie, Port-Saïd, Beyrouth). Subit d'importantes transformations en 1934: allongement, modification de l'avant (en forme de tortue), modification des turbines. Pris à Alger en novembre 1942, il est ensuite utilisé comme transport de troupes jusqu'à la fin de la guerre, puis à nouveau vers l'Indochine de 1946 à 1950. Subit à nouveaux d'importantes transformations en 1950-51 (entre autres, suppression de deux des cheminées) et reprend la ligne Marseille-Beyrouth. Echoué et brisé en deux le 22/12/1952 au sud de Beyrouth.


Le Champollion en mer dans sa dernière version

 

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Le récit du naufrage du Champollion :
A quatre heures du matin, le 22 décembre 1952, par une nuit peu claire, vent de sud-est force 6, l'officier de quart sur la passerelle du paquebot Champollion, appareillé la veille au matin d'Alexandrie aperçut ainsi la lueur du feu de Ras-Beyrouth et, conformément à l'ordre inscrit sur le journal de bord, il envoya aussitôt un matelot prévenir le capitaine Bourdé commandant du bord. Voici un extrait de la suite du journal de bord, rédigé par le capitaine Bourdé :
« A quatre heures cinq, on me prévient que le feu de Ras-Beyrouth est en vue. A quatre heures quinze, je vérifie par moi-même que le feu, dont on n'aperçoit encore que la lueur, montre un éclat blanc toutes les trois secondes, en bonne direction, c'est-à-dire légèrement notre droite. »
On fait donc route sur ce feu.
A cinq heures quinze, le radar mis en route, mais donnant des distances assez imprécises, nous place à 9,5 milles de la terre. A cinq heures trente-cinq, mis paré à manœuvrer. »
Soudain, à cet instant, une lueur verte apparaît entre les éclats du feu. Et presque aussitôt apparaît, plus à gauche, le véritable feu de Beyrouth, tout à fait reconnaissable. Le phénomène optique (période verte paraissant blanche de loin) a joué. Et le capitaine vient de comprendre que son navire ne faisait pas route sur l'entrée du port.
« Réduit la vitesse, puis mis machine en arrière toute. Cinq heures quarante-cinq, aux toutes premières approches du jour, aperçu des brisants légèrement sur bâbord avant. Ressenti presque aussitôt une première secousse légère suivie peu après de plusieurs secousses sur notre côté bâbord, ébranlant très fortement le navire. »
Le Champollion était un paquebot de 12 500 tonneaux, vingt-huit d'âge, mais rajeuni en 1933, pouvant filer 18 nœuds Il avait appareillé de Marseille le 15 décembre 1952 avec 120 hommes équipage et 111 passagers, dont 98 pèlerins à destination de Jérusalem. Il avait pris des passagers à l'escale d'Alexandrie.
Les passagers avaient, eux aussi, entendu et senti les secousses qui ébranlaient le navire. Ces chocs les avaient même éveillés et ils étaient encore immobiles sur leurs couchettes, se posant des questions. « Tu as entendu '? Comment n'aurais-je pas entendu ? On n'entend plus rien. C'est peut-être une collision. » Ils tournèrent le commutateur à la tête de leur lit. Dieu merci, il y avait de la lumière. « On n'entend plus les machines, nous sommes stoppés. Nous sommes peut-être échoués Nous sommes peut-être rentrés dans le quai en arrivant à Beyrouth. Quelle heure est-il ? »
Un instant plus tard, des hommes et des femmes, manteau ou veston sur leur vêtement de nuit, se pressaient sur le pont.
« Mais nous sommes échoués ! Regardez, la terre est tout près, regardez les maisons. Je te dis que c'est Beyrouth. Oui, mais nous ne sommes pas dans le port. Regardez, il y a des fenêtres qui s'allument. »
Scène étrange dans le crépuscule du matin. On voit en effet les maisons sur le rivage, les hauts immeubles des hôtels des quartiers neufs, et des fenêtres allumées trouent la demi-obscurité. Le Champollion est inerte sur les brisants, à deux cents mètres de la plage. Un vent froid souffle dans le demi-jour et les vagues aux crêtes immenses semblent arriver à toute vitesse sur le navire, on les entend déferler avec bruit sur le flanc tribord. Des femmes commencent à gémir et des enfants pleurent. Et soudain, un grand silence suivi d'une rumeur : toutes les lumières du bord viennent de s'éteindre.
Sur la passerelle, le capitaine Bourdé écoute le pessimiste rapport du second capitaine et du chef mécanicien qui viennent d'inspecter rapidement les fonds. Le Champollion s'est échoué, s'est crevé sur deux pointes de rocher. Les voies d'eau sont énormes, les machines et les dynamos sont noyées ; les pompes sont inutilisables.
- Le bateau risque de se coucher complètement, dit le chef mécanicien

 

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Sur le pont incliné, les officiers font de leur mieux pour rassurer :
- Nous allons être secourus très vite, voyez tout ce monde sur la plage.
Maintenant il fait assez jour pour qu'on voie l'affluence sur le rivage, elle s'accroît sans cesse, la plage va bientôt être noire de monde ; on saura plus tard que le président de la République libanaise M. Camille Chamoun est là, entouré de son gouvernement et dirigeant les secours. Quels secours ? Il faut se représenter exactement la situation. J'ai parlé de la difficulté de mettre à la mer les embarcations de sauvetage d'un navire qui fait naufrage en prenant de la gîte. Ici, c'est pire. Réussirait-on à affaler un canot, il aurait quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent de se briser aussitôt... sur les brisants où la mer écume. Alors que faire ?
Un moyen classique de sauvetage en pareil cas est l'installation d'un va-et-vient : une aussière tendue entre le navire et la terre permet de faire aller et venir une « bouée culotte » dans laquelle s'assied le naufragé ; une seule personne transportée à chaque voyage ; long mais sûr. Une aussière c'est gros et lourd. La première manœuvre consiste donc à envoyer un filin moins lourd à l'extrémité duquel on attache l'aussière
- Regardez, les pompiers de Beyrouth ont installé sur la place un canon porte-amarre. Ce sont eux qui vont nous envoyer le filin.
On n'entend pas le bruit du petit canon, à cause du mugissement du vent et de la mer. Mais on voit le filin jaillir, mince serpent qui se détache sur le ciel. Il serpente très haut, trop haut, se courbe, repoussé par le vent violent, il se courbe encore et tombe - à plus de cent mètres du navire. Si vous avez entendu sur un stade la clameur désappointement qui suit l'échec du coup au but, mêlez à ce bruit des gémissements de femmes et des imprécations de colère, vous avez une idée du concert qui s'élève du pont incliné du Champollion.
- Rien n'est perdu, disent les officiers du bord. On va manœuvrer dans l'autre sens. Un canot va porter un filin à terre.
Un canot, quel canot ? Nous croyions que mettre une embarcation à la mer était impossible. Ça l'est, en effet, s'il s'agit d'un canot plein de passagers ; s'il contient des matelots habiles et courageux, c'est autre chose. Le capitaine Bourdé veut tenter cette chance.
- Je demande des volontaires.
L'équipage compte soixante matelots de pont. Ceci n'est pas une invention : soixante se portent volontaires. On en choisit sept, tous célibataires. On affale la plus petite embarcation du bord et, miracle, elle ne se fracasse pas contre le navire, elle s'éloigne, on a l'impression qu'elle vole au-dessus des brisants. Les copains observent avec compétence :
- Vent et mer au cul, comme ça ils vont réussir, nom de Dieu
L'embarcation entraîne le filin sur lequel on frappera (auquel on attachera) la grosse aussière.
- Regardez, ils vont arriver. Et ceux de la plage ont compris, ils les attendent.
De la côte, en effet, soldats, pompiers et marins libanais se formaient en une espèce de flèche dont la pointe s'avançait dans la mer.
- Ah, le canot se met en travers ! Le rouleau le prend, ça y est, il chavire ! Misère !
Non, pas misère. Le canot a chaviré, mais ses occupants n'ont pas lâché le filin et les sauveteurs du rivage le prennent, le contact est enfin établi. A l'extrémité du filin resté à bord, les marins du Champollion attachent l'aussière qui servira au va-et-vient, et le filin, déhalé du rivage, commence à entraîner ce lourd serpent d'acier.
Commence, puis s'arrête. Seulement vingt mètres d'aussière en acier pèsent un poids énorme et les sauveteurs du rivage ne pourront jamais en déhaler à bras deux cents mètres. Il faudrait un treuil, mais il n'y a pas de treuil sur la plage. Va-t-il falloir renoncer ? Non, un militaire a une idée :
- Un char. Un char d'assaut a largement la force de traction d'un treuil.
On va chercher un char. Quelle heure est-il maintenant, dix heures ? Dix heures et demie déjà ? Sur leur pont incliné, balayé du vent qui porte les embruns jusqu'à leur visage, les passagers du paquebot suivent avec anxiété la manœuvre qui leur semble interminable. Ils voient un char arriver sur la plage, ils se demandent pourquoi, les officiers leur expliquent. Il va tirer sur le filin pour amener l'aussière à terre, bon. Et en effet, on voit ce char jaune sur le sable plus clair de la plage, il remonte la pente, patine un peu sur une dune, repart courageusement, la ligne se tend de nouveau.
Trop d'à-coups. Un char ne tire pas régulièrement comme ferait un treuil. Soudain, on voit un nouveau serpent voler dans le ciel : c'est le filin qui s'est rompu. Désolation. Mais cette fois, les passagers n'ont pas le temps de se lamenter longtemps. Un froissement jamais entendu, un éclat, un craquement : le bateau se casse en deux, ou du moins il commence à se casser en deux, le pont s'entrouvre : on voit une crevasse bien droite, profonde, pas encore très large : deux mètres environ. Un tel phénomène impressionne à la manière d'un tremblement de terre. Dans la stupeur éclate la voix énorme d'un haut-parleur : - Abandonnez l'arrière, tout le monde à l'avant. Les matelots aideront les passagers. Que tout se passe en ordre et il n'y aura aucun danger.
- Il n'y avait plus de courant à bord mais le capitaine Bourdé parlait dans un mégaphone à piles, a raconté un officier. Il n'y a pas eu d'affolement, beaucoup grâce à l'équipage qui a aidé les passagers avec dévouement. Les deux cents passagers se sont trouvés dans la salle à manger. Personne ne souffrait de la faim car les stewards ont apporté des aliments froids, mais tout le monde avait soif car les caisses à eau étaient crevées et les boissons hors d'atteinte dans des compartiments envahis par la mer. Et surtout, ceux qui ne s'étaient pas assez vêtus grelottaient.
Ces assoiffés tremblant de froid pouvaient voir à deux cents mètres d'eux la fumée des cuisines roulantes installées sur la plage et les piles de couvertures qu'on sortait des autos de la Croix-Rouge
Surprenant supplice de Tantale, et comment tout cela va-t-il finir ? Le radio du bord vient de rendre compte au capitaine Bourdé qu'il a reçu deux messages : le croiseur britannique Kenya et le vapeur français Syrie annoncent qu'ils font route pour secourir le Champollion. Que pourront-ils ? S'approcher suffisamment pour se jeter, eux aussi, sur les brisants ?
Le journal de bord du commandant Bourdé porte deux indication succinctes : « Envoyé à terre la baleinière pour tenter d'établir un va-et-vient. Autres tentatives vers treize heures trente et quinze heures trente. » La première tentative, je viens de la raconter. Les deux autres fois, le canot s'est écrasé sur un récif, les matelots soutenus par leur brassière de sauvetage ont regagné le bord à grand-peine ; sauf un, qui s'est brisé le crâne contre un rocher, et on a vu son cadavre dériver.
Les passagers n'ont pas suivi fiévreusement ces deux tentatives Entassés dans la salle à manger, ils se taisent, mornes et abattus. Beaucoup de femmes n'ont même plus le courage de consoler les enfants qui pleurent. Or, il y a à bord un nain, un nain de cirque très gentil, très humain, qui fait un peu le pitre pour amuser les enfants, les rassurer. Etrange naufrage. Et les sauveteurs sont là sur la plage, à deux cents mètres, impuissants. Le jour baisse.
Pourquoi n'envoie-t-on pas des embarcations depuis la terre ? Pour la même raison qui empêche d'en envoyer du Champollion, les brisants. Des passagers commencent à comprendre qu'un navire sombrant en mer aurait plus de chances d'être secouru que ce paquebot blessé, échoué dans ces récifs. Le Champollion est comme pris dans un piège. La nuit tombe, sous un déluge de pluie glacée qui chasse les sauveteurs de la plage.
Dans tous les naufrages, des gens prient. A bord du Champollion, se trouve le R.P. Lechat, qui emmène cinquante-sept pèlerins en Terre sainte. Ces hommes et ces femmes vont passer une partie de la nuit en prières, et d'autres passagers se joindront à eux. Bien avant le jour, tout ce troupeau finit par s'endormir.
Les lames affouillaient sous la coque, autrement dit, elles retiraient le sable de sous le navire d'où augmentation du danger de cassure complète et de chavirement. A l'aube du 23 décembre, la gîte du Champollion atteint cinquante degrés. Cinquante. Dessinez un carré, tracez une diagonale, elle n'est inclinée qu'à quarante-cinq degrés. Le Champollion n'est pas en train de sombrer, mais ses passagers sont dans une position suprêmement inconfortable. Et d'une certaine manière, ridicule. Le croiseur britannique Kenya et un remorqueur italien sont là bien visibles, à quelques centaines de mètres au large. Les brisants leur interdisent de s'approcher. Les passagers du Champollion voient qu'avec le jour la plage de Beyrouth s'est repeuplée, mais que peuvent les sauveteurs, que peuvent-ils de plus que la veille '? La mer est encore plus forte, le vent plus violent.
- Commandant, les passagers n'en peuvent plus, leurs nerfs vont craquer. Ceux qui savent nager veulent se jeter à la mer.
L'homme qui parle est le R.P. Lechat, le berger des pèlerins de Jérusalem.
- C'est une folie, dit le capitaine Bourdé, il y a cinq mètres de creux. Avez-vous déjà vu des gens nager avec cinq mètres de creux ? - Avec une brassière de sauvetage. - Même avec une brassière. Et vous voyez, là-bas, pas très loin du rivage, cette tache sombre ? C'est une nappe de mazout. Le mazout dont j 'ai délesté le navire pour diminuer les risques d'incendie. Un nageur s'y asphyxierait. Vous n'avez pas lu de récits de guerre ? -- Mes deux nièces veulent absolument tenter l'aventure. Ce sont deux très bonnes nageuses, deux championnes.
Les voici : elles sont là, déjà prêtes, résolues : Françoise et Denise Landais, des jumelles de vingt et un ans.
-- Commandant, vous ne pouvez pas nous empêcher.
Le capitaine Bourdé hausse les épaules, donne un ordre. Des matelots passent une échelle par-dessus le bastingage, les deux jumelles descendent, elles plongent dans la mer démontée. C'est vrai que ce sont de bonnes nageuses. Les passagers cramponnés au bastingage fantastique oblique les voient qui montent et descendent dans les vagues. Chaque fois qu'elles gravissent une pente de ces collines liquides, on croit qu'elles vont redescendre en arrière, mais elles passent de l'autre côté de la vague.
Elles s'approchent de la plage, elles vont arriver. Vingt minutes pour nager deux cents mètres, ce n'est pas un temps olympique, mais allez le faire avec cinq mètres de creux ! L'exemple d'énergie donné par les jumelles Landais est magnifique. Mais, d'une autre manière, dangereux.
- Vous voyez que c'est possible d'aller à la nage ! Allons-y, J'y vais.
- Moi aussi, moi aussi.
Dans l'heure qui suit, soixante-dix passagers se jettent volontairement à la mer et commencent à nager vers le rivage. Bilan : quinze morts, noyés ou tués contre les brisants ou asphyxiés dans le mazout A la suite de quoi, le capitaine Bourdé a donné un contre-ordre.
- Plus personne ne quittera le bord. Le temps peut s'améliorer et permettre notre sauvetage.
- Mais quand, commandant ? Les vivres sont épuisés et surtout il n'y a rien à boire. Des enfants sont en danger.
- J'ai fait demander des vivres par signaux à bras. Des avions vont nous en envoyer. Tenez, les voilà !
Et c'est encore vrai. Dans le ciel gris sombre, dans le vent furieux quatre avions approchent, ils tournent au-dessus du navire comme des goélands, ils plongent ; des matelots courent sur le pont pour ramasser les sacs qu'ils ont largués. Malgré les rafales, sur sept sacs de nourriture, six sont tombés sur le pont. Ils contiennent aussi de la boisson ; pas en bouteilles, sous forme de glace. Les stewards les cassent et distribuent la glace en même temps que du pain, du sucre du chocolat, des conserves.
Combien de temps vont pouvoir tenir ainsi les passagers du Champollion, assiégés sur leur épave, ravitaillés par air ? Et si le paquebot se couche complètement, se brise complètement, se disloque, jetant la mer son troupeau épuisé ? Des naufragés mourant tout près de la terre, cela s'est déjà vu.
Avant même d'avoir été en vue du (faux) feu de Ras-Beyrouth, Champollion avait signalé par radio son approche au capitaine du port. Un peu avant cinq heures du matin, le bateau-pilote avait appareillé pour se rendre au-devant du paquebot. Les bateaux-pilotes appareillent par n'importe quel temps. Celui de Beyrouth étai propriété de deux frères, Radwan et Mahmud Balpajy. Ces deux-là n'avaient peur de rien. On les avait vus accoster des navires par mer démontée, se hisser comme des acrobates aux échelles lancées du pont. Une telle acrobatie était pour eux une routine.
Mais ils n'avaient pas rencontré le Champollion à l'endroit prévu. Au lieu de cela, ils l'avaient aperçu déjà blessé à mort sur ses brisants. Tous les détails qui précèdent ont déjà fait comprendre qu'il n'était pas question pour eux de s'approcher du paquebot. Le bateau-pilote était revenu au port.
Pendant toute la journée du 22 décembre 1952, les deux frères Balpajy restèrent sur la plage, assistant aux tentatives infructueuses pour établir un va-et-vient. Quand la nuit tomba sur cette journée lugubre, le président de la République libanaise leur dit:
- Je vous confie la direction du sauvetage.
- Merci, monsieur le Président.
Certaines promotions peuvent vous empêcher de dormir. Les deux frères se représentaient très exactement la situation du Champollion. il était maintenant clair que pour sauver ses passagers, il y avait une solution et une seule : aller jusqu'à lui. L'accoster. L'accoster du côté du large était impossible à cause de sa position follement inclinée et aussi parce que le vent et la mer poussaient vers la terre avec une grande force. On se serait brisé contre l'épave.
- Alors, dit Radwan, il faudra l'accoster de l'autre côté. Sous le vent à lui.
- En passant sur les brisants ?
- Oui.
La résolution était prise. Radwan ajouta qu'après tout, le vent pourrait très bien diminuer de violence pendant la nuit. On sait déjà qu'au contraire, il soufflait encore plus fort au matin du 23 décembre. Le bateau-pilote à moteur des frères Balpajy appareilla une première fois au début de cette matinée mais, drossé par la tempête, il dut virer de bord avant d'être arrivé à proximité du Champollion. Il appareilla une deuxième fois vers onze heures.
Les frères Balpajy ne tenaient qu'un journal de bord sommaire et ils n'ont pas raconté dans le détail comment ils avaient pu aller accoster le Champollion sans s'écraser sur les rochers. On peut comprendre qu'il s'est agi d'une manœuvre aussi habile que courageuse, pour tout dire d'un petit chef-d'œuvre maritime. Et cette manœuvre a été répétée trois fois ; la seconde et la troisième fois, Radwan et Mahmud Balpajy ont été aidés par leur jeune frère Salah, venu participer au sauvetage avec un autre bateau à moteur. Je ne répugne pas du tout à répéter les noms de ces marins, décorés par la suite du Mérite maritime et, je crois, de la Légion d'honneur.
Un lieutenant du Champollion dit: « Le bateau-pilote arrive. » Ceux des passagers qui escaladèrent le pont pour aller se cramponner au bastingage regardèrent d'abord vers le large, puis vers la terre. A leurs cris, d'autres vinrent les rejoindre. Plus personne ne sentait le vent ni le froid. Le petit bateau, dansant sur les vagues vertes, piquait du nez, remontait. Il dansa un peu moins lorsqu'il arriva sous le vent du Champollion. Il paraissait petit aux passagers qui, un instant plus tard, aidés par les matelots, certains presque portés par eux, descendirent l'échelle du pilote.
Le capitaine Bourdé ne disait rien, regardant avec inquiétude les taches d'écume qui se formaient sur les brisants, là où la mer déferlait. Les pilotes libanais se montrèrent ce jour-là tout à fait dignes de leurs ancêtres phéniciens. Les deux petits bateaux des frères Balpajy firent en tout sept voyages. Dix-sept personnes avaient trouvé la mort au cours de ce naufrage, presque toutes, on l'a vu, pour avoir voulu gagner la terre à la nage.
Le capitaine Bourdé refusant de quitter son navire, Radwan Balpajy monta vers lui sur le pont oblique et s'adressa à lui en très bon français mais comme avec une musique orientale
- Que Dieu soit avec vous ! Je vous apporte le salut de mon père je lui ai juré de vous ramener. Voulez-vous que mes hommes et moi nous périssions à cause de vous ? Nos vies sont entre vos mains et aussi celles de vos hommes qui sont à mon bord. Je ne les ramènerai pas à terre sans vous. Alors ce que vous ferez sera bien fait.
Le capitaine Bourdé le suivit.
.....
Ce texte est donc extrait de l'ouvrage de Georges BLOND: "La grande aventure des océans" édition Omnibus, 1995, page 538 à 546

 

Retour de Campanie  (souvenirs et mémoires)posté le lundi 14 septembre 2009 20:00

Vue du forum au travers de l'arc de triomphe commémoratif érigé au nord du Forum. Il présente deux niches qui abritaient les statues de Néron et de Drusus. Sur l'autre face de l'arc il devait y avoir deux fontaines. On pense également qu'une statue equestre de l'empereur Tibère surmontait l'arc.

 

15 jours de rève pour ce quatrième voyage au pied du Vésuve.

Lieu de séjour Pompeï. De là visite approfondie du site de la ville morte l'aprés midi du 24 Aout 79 de notre ére . Visite également d'Herculanum et de Stabia ses deux soeurs dans le drame. Visite du magnifique Musée de Naples hélas installé au sein d'une ville dont la saleté ne fait que s'accroitre d'année en année. Si vous y visitez le vieux quartier historique ne faite pas comme mon épouse qui en bermuda se fit piquer par un insecte et se retrouva pendant 3 jours avec une affection cutanée necessitant l'emploie d'un traitement de choc à la cortisone pour s'en débarasser.

Visite également des magnifiques temples de Paestum au sud de Salerne.

Pour Pompeï ce furent 6 visites successives. Contrairement à ce que fait le ministère de la culture français, les plus de 65 ans de la communautée européenne comme les moins de 25 également je crois, l'Italie donne l'accés gratuit à la plupart de ses musées et de ses sites archéologiques. Il est vrai comme me le disait hier un cadre du ministère de la culture de notre cher pays, "nous on fait payer les vieux, ils ont du fric" (citation intégrale et textuelle).

Ainsi nous avons pu choisir nos heures de visites à savoir en milieu d'aprés midi une fois la majorité des cars de touristes partis et avec une température moins lourde. Voir les rues de la ville quasiment vide vous apporte une émotion sans pareil. Voir le forum à 19h, 30 minutes avant la fermeture du site avec les derniers rayons du soleil dardant ses colonnes et le sol des rues désertes vous donne le frisson.

Vous arrivez à vous prendre pour le personnage d'Octavien de la nouvelle de Théophile Gautier  "Arria Marcella". Fermez les yeux et descendez la via del Abbondanza en direction du théâtre qui se trouve sur votre droite prés du forum triangulaire et je suis sur que comme lui tout à coup vous aurez l'impression d'être entouré par ces romains du 1er siécle allant au spectacle et qui sait peut-être vous aussi rencontrerez Arria et sa suivante qui vous conduira à la villa de Diomède prés de la porte d'Herculanum pour une soirée passionnée...mais hélas comme pour Octavien le reveil sera dramatique quand celle que vous serriez dans vos bras ne s'averera n'être que poussière de cendres...

Herculanum aussi vous envoutera et la vue des portes de cette maison intactes quoique noircies par la chaleur de la boue brulante qui noya maisons et habitants.

A Stabie  vous serez jaloux de ce patricien qui se batit une maison de 11000m² face à la mer plus éloignée aujourd'hui qu'elle ne l'était en 79 aprés J.C.

Il faut aussi visitez à Boscoreale prés de Pompeï la villa de Poppée la seconde épouse de Neron. La ville s'appelait à l'époque Oplontis.

Derriére toutes ces merveilles, le Vésuve omniprésent calme pour le moment mais qui est loin d'etre eteint.

Avec sagesse les archéologues ont transféré au musée de Naples toutes les fresques et sculptures et mosaïques de valeur de ces différents sites. Il est dommage que des copies conformes n'aient pas été placées à la place de ces chef d'oeuvre car le visiteur est tout de même un peu frustré par ces murs vides. Il en reste quelques unes sur place mais on est loin du compte.

Il est dommage aussi qu'un nettoyage regulier des mosaiques au sol ou des verres de protection des graffitis laissés par les pompeïens ne soient faits. On n'arrive plus en certains endroits à les lire ou les voir. Cela dit un gros effort de propreté a été fait depuis mon dernier voyage de 1999.

Une manifestation à éviter: le son et lumière. Fait à l'économie il n'offre aucun intérèt car les habitations ne sont pas mises en valeur correctement et le commentaire insipide agrémenté d'une musique pop qui n'a nullement lieu d'être dans ce site où tout est receuillement devant la tragédie qui en moins de deux jours détruisit tout et tua plus de 20000 habitants pour la seule Pompeï.

Cette tragédie est d'autant plus visible que grace à l'archéologue Giuseppe Fiorelli en 1860 des moulages furent faits sous la lave et ainsi furent retrouvés les momies des malheureux habitants au moment de leur dernier souffle. Fiorelli pensa en effet que la couche de cendres et de scories avait créé un véritable moule autour des corps et qu'en y injectant de la chaux on retrouverait l'empreinte compléte du corps et de ses habits ainsi que les traits de la malheureuse victime. Celles de la "villa des fugitifs" sont particulièrement bouleversantes.

A Herculanum on a retrouvé recemment prés de 150 corps dans un des dépots du port dont une femme enceinte. La nuée ardente les avait littéralement desséché en quelques secondes. Dieu merci on ne peut pas voir ce véritable charnier.

Voilà si vous n'avez jamais vu Pompeï n'attendez pas trop qui sait si le Vésuve ne viendra pas à se reveiller. Le volcan est inactif depuis 1944. Au cours des derniers siècles, les phases d'accalmie ont varié de 18 mois à 7 ans et demi, faisant de la phase actuelle la plus longue de ces 500 dernières années. Bien que le Vésuve ne semble pas devoir s'ébranler dans le futur immédiat, le danger posé est considéré comme très grave au vu de la tendance soudaine extrêmement violente du volcan et de la densité humaine très forte sur le volcan et ses environs. En 1980 un tremblement de terre de forte intensité secoua la ville fragilisant de nombreux édifices du site........

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Une fin de voyage spectaculaire  (souvenirs et mémoires)posté le lundi 01 décembre 2008 12:19

Novembre 1986, je me rends ^pour la première à Hong Kong en vue d'un congrés. Je sais que l'attérissage à l'aéroport de KaiTak est paraît-il dangereux et spectaculaire mais on pense toujours que les gens exagèrent.

Il est environ 8h du matin lorsque nous abordons la descente finale.Du hublot on survole la splendide baie de Hong Kong où se cotoient gratteciels , paquebots de luxe et miserables embarcations des populations pauvres de la région. Un léger brouillard du à l'humidité de prés de 90% qui sévit sur la région pâlit le paysage.

Progressivement l'appareil fait une longue courbe autour d'île et revient vers la ville par le nord-ouest, en même temps que l'on se sent progressiment déporté sur son fauteuil vers le hublot droit, on s'aperçoit que l'appareil prend de plus en plus d'inclinaison.

Tout à coup apparaissent à quelques métres du hublot les habitations de la partie surpeuplée et pauvre de Hong Kong; mais ce qui est le plus ahurissant c'est que nous soimmes quasiment à la hauteur des derniers étages de ces HLM aux balcons desquels pendant le linge des habitants!!!!!!!

Puis à toute vitesse on plonge en un virage à 47° vers la piste!!!Nous sommes entre 300 et 200 métres d'altitude au début du virage et nous en sortons à 43métres pour parcourir une distance de 2600métres, soit une pente de 5,6%!!!! Sous nos ailes l'aérogare!!!!

L'avion touche le sol et freine au maximum sur les 9144m de piste se terminant dans la baie!!!

http://www.youtube.com/watch?v=3PCOcyt7BPI

La video ci-dessus donne un petit apérçu de ce que cette arrivée avait de spectaculaire.

Aujourd'hui Kai Tak est définitivement fermé depuis le 6 juillet 1998 une fois que le dernier 747 de Cathay Pacific ait quitté la ville à 1h26 du matin. Le même jour à 6h25 le premier vol de Cathay Pacific attérissait sur le nouvel aéroport de Chek Lap Kok, en provenance de New York,vol direct par le pôle.

Une page d'histoire de Hong Kong etait tournéé préludant au transfert à la Chine de la direction de l'Ile la même année.

Le 6 Juillet dernier une cérémonie marquant les dix ans de la fermeture de cet aéroport mythique fut tenue sur le ste et deux vols relièrent entre les deux aéroports de la ville.

Good Bye Kai Tak!

 

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Moments d'intense émotion  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 17 janvier 2008 22:42

Il y a 44 ans mourait d'un cancer, Albert Ollivier. Son fils est mon ami depuis 51 ans. J'ai connu son père, grand resistant, homme de lettres et surtout pour moi le plus remarquable des directeurs que la télévision des 50 dernières années.

Patrice a retrouvé dans les effets de ses parents des bandes audios et a passé l'aprés midi chez moi pour que je les lui transcrive  en cd. Les 4 premières furent enregistrées 2 mois aprés le décès de son père.

Soyons francs, et son fils partage le même avis, cette émission sans doute diffusée par France Culture est d'un ennui et d'un pompiérisme mortel! Mais pour ceux qui ne connaitrait par Albert Ollivier c'est un moyen d'appréhender tout son parcours au travers des témoignages de célébrités de l'époque. Il est dommage que le ton soit emphatique .

Il restait deux bandes dont nous ne connaissions pas le contenu. L'une d'elle a son tour brillait par le vide de son contenu.

Par contre la seconde nous reserva un grand moment d'émotion, lorsque la voix de son père se fit entendre. Il répondait à deux interviews faites lors de la parution de deux de ses livres:

Saint Just ou la force des choses

Les templiers.

J'ai retrouvé instantanément , l'estomac serré, la voix de ce merveilleux homme, fin, cultivé, volontaire, élégant. Son visage est réapparu dans ma mémoire comme par enchantement.

Je lui dois les plus beaux souvenirs de télévision qui soient:

Les Perses d'Eschyle que Jean Prat réalisa à sa demande, accompagné d'une superbe partition de Jean Prodromidés et avec dans les d'un roles principaux François Chaumette sociétaire de la Comédie Française. C'était la première fois qu'une émission de télévision était diffusée en stéréophonie en mettant France Musique en parallelle avec le téléviseur


Et puis vint ensuite l'immense Cyrano de Bergerac de Rostand joué par le grand comédien trop tôt disparu que fut Daniel Sorano et qui faisait partie de la troupe de Jean Vilar au TNP.

Quand on a vu et entendu cette acteur force est de dire que personne à ce jour n'a réussi à donner une telle dimension à ce personnage mythique. Depardieu peut littéralement aller ce coucher car il n'a strictement rien compris au rôle et massacre les vers de sa diction lamentable! Belmondo lui non plus s'est fourvoyé dans un rôle qui n'est pas fait pour lui. Même Jean Piat qui est un de mes idôles n'atteignait pas à cette dimension.

La scène finale du dernier acter m'arrache les larmes que je le veuille ou non. Je mettrai en ligne prochainement cette scène dont j'ai la vidéo intégrale rediffusée il n'y a pas si longtemps et dont je possede egalement les trois vyniles de l'enregistrement integral.

Merci Patrice de m'avoir fait revivre ses moments, merci à la technologie audio d'avoir permis de conserver un pareil souvenir au travers des decennies.....Et merci Albert où que vous soyez pour m'avoir permis d'évoluer sur le plan culturel grace à votre exemple...

Albert Ollivier dans le parc de sa propriété en Eure et Loir au premier plan de 3/4

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Retour à Vaux le vicomte  (souvenirs et mémoires)posté le jeudi 18 octobre 2007 17:24

Le chateau de Nicolas Fouquet malheureux surintendant des finances de Louis XIV, à Vaux le Vicomte reste pour moi l'une des merveilles de l'art français du 17eme siècle. Précurseur de Versailles, il porte en lui un caractère profondément humain que près de quatre siècles n'ont pu effacer.

Je suis allé récemment revoir ce merveilleux endroit en compagnie d'un de mes amis à qui je le faisais découvrir dans sa magie tout éclairé aux chandelles.

J'ai décidé de compiler photos et prises de vues vidéos prises au cours de mes dernières visites et voici le résultat de ce travail.

J'ai voulu rappeler le tragique destin de son propriétaire qui par maladresse plus que par prétention, scella son destin fortement entamé par les intrigues du parti de Colbert en invitant le roi le 17 août 1661 à une somptueuse fête. Au cours de la soirée Molière y donna la première de sa comédie LES FACHEUX.

A l'issue de la soirée Louis XIV quitta les lieux fou de rage devant l'étalage de luxe et de richesses de son ministre des finances. Comment un ministre pouvait-il paraître plus riche que lui dont l'Etat était exsangue suite à la guerre civile de la Fronde.

Le roi oubliait en passant que sans l'intervention multiple de Fouquet, il eut perdu la guerre, car c'est grâce à l'entregent de son ministre que celui ci l'aida à financer son combat et à le gagner. Ce n'était nullement faire des malversations à l'époque que de recevoir des pots de vin dans des transactions financières faisant intervenir l'Etat. On se prelevait une commission au passage et Colbert si moralisateur en la matière en fit tout autant que Fouquet!

Louis XIV songea dit-on à faire arrêter Fouquet à l'issue de la soirée. Ce serait sa mère Anne d'Autriche qui l'en aurait empêché, arguant de la bienséance: "on n'arrête pas son hôte chez lui" aurait-elle dit à son fils.

La chute du ministre était d'ores et déjà acquise dès le 4 Mai 1661.

Contrairement à ce que l'on a fait croire à l'époque l'examen des comptes de Fouquet fait ressortir un solde financier négatif et l'on ne peut pas dire qu'il se soit enrichi aux dépends de l'etat. Sans doute a-t-il manqué de retenue et ceci doit -être une des causes des excés et des raisons qui firent prêter le flanc aux critiques et à l'animosité de ses adversaires.

Par ailleurs dès la mort de Mazarin, Louis XIV avait fait savoir à tous, qu'il n'y aurait plus de premier ministre et qu'il prenait entre ses mains seules les rênes du pouvoir. Fouquet fut sans doute profondément déçu de voir echapper un poste qu'il briguait en remerciement de son dévouement pendant la Fronde.

15 jours aprés la magnifique fête de Vaux, le 5 septembre 1661, Louis faisait arrêter par d'Artagnan, Nicolas Fouquet sur la place du parlement de Nantes, non sans avoir poussé le cynisme de s'être entretenu avec lui quelques minutes plus tôt...

Aprés un procés truqué, où nombre de pièces du dossier furent tout simplement fabriquées par Colbert et sa clique, la cour de justice comdamna à une faible majorité Nicolas Fouquet au bannissement à perpétuité.

Louis XIV accueillit la nouvelle fou de rage car il escomptait un verdict de peine de mort.

Fait sans précédent dans les annales de la justice de l'Ancien Régime, le roi commua la peine en emprisonnement à vie dans la sinistre forteresse de Pignerolles prés de la frontière italienne.  Fouquet y rendra le dernier soupir le 3 Avril 1680 aprés quatorze années d'emprisonnement.

Outre la magnificence de Vaux le vicomte, Fouquet reste dans les mémoires comme l'un des mécènes les plus illustres que la France ait jamais connu, on peut en juger par ce paragraphe de l'encyclopédie Wikipedia:

Fouquet fonde un salon à Meudondès la fin de la Fronde. Il y attire Paul Pellisson,Charles Perrault, Quinault, Ménage , La Fontaine. Il fréquente aussi des scientifiques comme le médecin Samuel Sorbièreou le philosophe La Mothe Le Vayer. Dès 1660, il s'intéresse à Molière .

À Vaux, son salon réunit plutôt des précieux. Fouquet lui-même écrit poèmes, chansons, énigmes et bouts-rimés, suivant la mode de l'époque. Il pensionne de nombreux poètes, comme Corneille (2000 livres par an), Scarron(1600 livres) ou encore Gombauld(1000 livres), et protège le sculpteur François Anguieret son disciple François Girardon. Sa générosité à l'égard des artistes en fait l'un des mécènes les plus puissants de France, bien devant le cardinal Mazarin et même le roi [34]. En remerciement, Corneille dédie son Œdipe (1659) au surintendant, « pas moins [celui] des belles-lettres que des finances », et Madeleine de Scudéryle place dans sa Clélie, histoire romaine au même rang que Richelieu en tant que protecteur des arts et des lettres.

 

Enfin rappelons que Le Vau, Le Brun et Le Notre travaillent à la réalisation de ce chef d'oeuvre architectural et artistique. Louis XIV si dur pour les amis de Fouquet et ses juges (La cour de justice siègera jusqu'en 1669 et en condamnera plus d'un), reconnaîtra les talents de ses trois grands noms et nommera en particulier Le Notre Jardinier du ROI ce qui nous vaudra le magnifique parc du Chateau de Versailles.

J'ai voulu commencer ce film par la lecture de l'Elégie touchante composé par Jean de La Fontaine en hommage à son malheureux protecteur. Elle risque de ne pas être trés lisible sur la vidéo aussi en voici le texte intégral:

POUR M. FOUQUET

Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes;
Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes,
Et que l'Anqueuil enflé ravage les trésors
Dont les regards de Flore ont embelli ses bords.
On ne blâmera point vos larmes innocentes;
Vous pouvez donner cours à vos douleurs pressantes:
Chacun attend de vous ce devoir généreux;
Les Destins sont contents: Oronte est malheureux.
Vous l'avez vu naguère au bord de vos fontaines
Qui, sans craindre du Sort les faveurs incertaines.
Plein d’éclat, plein de gloire, adoré des mortels,
Recevait des honneurs qu'on ne doit qu'aux autels.
Hélas ! qu'il est déchu de ce bonheur suprême !
Que vous le trouveriez différent de lui-même !
Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits:
Les soucis dévorants, les regrets, les ennuis,
Hôtes infortunés de sa triste demeure,
En des gouffres de maux le plongent à toute heure.
Voilà le précipice ou l'ont enfin jeté
Les attraits enchanteurs de la prospérité !
Dans les palais des rois cette plainte est commune,
On n'y connaît que trop les jeux de la Fortune,
Ses trompeuses faveurs, ses appas inconstants;
Mais on ne les connaît que quand il n'est plus temps.
Lorsque sur cette mer on vogue a pleines voiles,
Qu'on croit avoir pour soi les vents et les étoiles,
II est bien malaisé de régler ses désirs;
Le plus sage s'endort sur la foi des Zéphyrs.
Jamais un favori ne borne sa carrière;
Il ne regarde point ce qu'il laisse en arrière;
Et tout ce vain amour des grandeurs et du bruit
Ne le saurait quitter qu’après l'avoir détruit.
Tant d'exemples fameux que l'histoire en raconte
Ne suffisaient-ils pas, sans la perte d'Oronte ?
Ah ! si ce faux éclat n'eût point fait ses plaisirs,
Si le séjour de Vaux eût borné ses désirs,
Qu'il pouvait doucement laisser couler son âge !
Vous n'avez pas chez vous ce brillant équipage,
Cette foule de gens qui s’en vont chaque jour
Saluer à longs flots le soleil de la Cour:
Mais la faveur du Ciel vous donne en récompense
Du repos, du loisir, de l'ombre, et du silence,
Un tranquille sommeil, d'innocents entretiens;
Et jamais à la Cour on ne trouve ces biens.
Mais quittons ces pensées: Oronte nous appelle.
Vous, dont il a rendu la demeure si belle,
Nymphes, qui lui devez vos plus charmants appas,
Si le long de vos bords Louis porte ses pas,
Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage.
Il aime ses sujets, il est juste, il est sage,
Du titre de clément rendez-le ambitieux:
C'est par là que les rois sont semblables aux dieux.
Du magnanime Henri qu'il contemple la vie:
Dès qu’il put se venger, il en perdit l'envie.
Inspirez à Louis cette même douceur
Oronte est a présent un objet de clémence
S'il a cru les conseils d'une aveugle puissance,
Il est assez puni par son sort rigoureux;
Et c’est être innocent que d'être malheureux.


* Ecrit en 1661, suite à l’arrestation de Fouquet

Voici le documentaire; il vous suffit de cliquer sur le lien et ensuite de lancer la lecture comme avec mediaplayer;le fichier etant volumineux (durée du film 35 minutes), soyez patient...(on excusera quelques défauts dans la retransmission du film dûs à des problèmes d'upload sur le site de GOOGLE VIDEO au moment où le film fut transféré)

<embed style="width:400px; height:326px;" id="VideoPlayback" type="application/x-shockwave-flash" src="http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=2954850879053631774&hl=en" flashvars=""> </embed>

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Bienvenu à bord!  (souvenirs et mémoires)posté le mardi 18 septembre 2007 14:39

Vous l'aurez reconnu, voici la maquette en carton du célèbre paquebot au tragique destin....

La maquette à l'echelle mesure 1m35 de long...

 

Journée chez le Roi Soleil  (souvenirs et mémoires)posté le mercredi 01 août 2007 05:42

 

Blog de claude101141 :Memories are made of this...., Journée chez le Roi Soleil

Ayant deux amis belges de passage à Paris, je leur ai proposé de visiter Versailles qu'ils n'avaient jamais vu. C'était égalament l'occasion d'aller voir la Galerie des Glaces récemment réouverte au public aprés 5 années de restauration financées par le Groupe VINCI.

Muni de nos pass pour l'ensemble du domaine, nous sommes arrivés à 9h ce qui nous a permis de ne pas faire de queue en cette période de forte fréquentation de ce magnifique joyau.

Le seul lieu inaccessible pour des travaux de restauration, est l'Opera Royal pour lequel j'ai une affection toute particulière. en fait je prélère le Versailles de Louis XV et de son architecte Gabriel et celui de Louis XVI à celui de Louis XIV.Ce dernier s'il est evidemment grandiose , manque de chaleur et d'humanité. Il fait en quelque sorte nouveau riche. On y sent bien cette volonté de paraître du roi qui aprés les années difficiles de la Fronde avait besoin non seulement d'affirmer son pouvoir reconquis de haute lutte, mais de faire étalage de ses finances redevenues florissantes et qu'il allait s'ingénier par des guerres sans fin, à dilapider.

La galerie des glaces restaurée est évidemment somptueuse; on redecouvre les couleurs des peintures du plafond; même les lustres et les glaces semblent a peine posées venant des fournisseurs de Sa Majesté.

En fin de parcours passage dans la Galerie des Batailles. Moment d'émotion et de souvenir pour moi. Il y a bientôt vingt ans, en septembre 1989, je dinais ici avec mes 670 invités du Congrés Mondial de l'Association Internationale des Directeurs Financiers, qui m'avait chargé d'en organiser la tenue à Paris.

Je revois les tables disposées en epis sur les 120 mètres de ce lieu magnifique créé par Louis Philippe au lieu et place des appartements de Princes. La table d'honneur que je présidais se trouvais au milieu de la salle entre les 4 colonnes qui la coupent en deux parties.

Je revois également le moment où ayant abandonné quelques instants mes invités encore dans la Chapelle Royale, où Paribas venait d'offrir un superbe concert , j'allais mettre sur ma table les petits cartons avec les noms de mes hôtes. Je m'étais arrêté à l'entrée de la salle, comme fasciné et hypnotisé par le décor du lieu éclairé par ses lustres et toutes ces tables décorées de fleurs, le personnel de Le Notre en grande tenue.

Soirée inoubliable que même encore aujourd'hui d'anciens amis de l'association considérent comme l'un des galas les plus réussis auquel ils aient eu l'occasion d'assister.

Aprés deux heures de visite du chateau, direction le parc. Arrêt pour déjeuner prés du Grand Canal, à la Petite Venise.

Puis départ en direction du domaine de Marie-Antoinette. J'affectionne particulièrement le Petit Trianon. C'est un hâvre de paix, à l'echelle humaine; j'y aime toutes ces couleurs pastelles dans les tons de gris et de vert. Le hameau est un lieu enchanterur et les multiples fleurs mélangées des parterre font ressortir les bruns des chaumières autour du petit lac.

Il y a un lieu que je découvre, car jusqu'ici lui aussi fermé au public pour cause de restauration, le petit Théâtre. Un vrai bijou bleu et or. Un dvd en vente , est projeté à l'entrée montrant et expliquant comment fut remis en état le lieu et surtout le fonctionnement de la machinerie du théâtre totalement intacte dans l'état de l'époque.

C'est une enchantement.

Enfin dernier point d'arrêt le Grand Trianon. Hélas en dépit de sa splendide façade rose, elle suinte littéralement de la prétention du parvenu du premier Empire qui l'occupa. Quel besoin de garder ici ces meubles empire sans âme et surchargés. Comme tout cela serait mieux avec le mobilier Louis XV en harmonie avec les lieux eux aussi construits par Gabriel sauf erreur.

Enfin le rève se termine et rentrée sur Paris.

Nous avons été gatés par un temps splendide et une lumière extraordinaire. Une journée sans tâche dans un univers où alors primait le bon goût  et non celui hétéroclite de notre siècle......