Concert hier soir au théâtre des Champs Elysées avec l'orchestre de chambre de Paris dirigé par Lawrence Foster et en solistes la pianiste Momo Kodama et la violoniste super soliste de l'orchestre Deborah Nemtanu.

Deux symphonies de Schubert débutent et termine le programme, les 1ere et seconde symphonies. Malgré ma réserve habituelle sur le manque certain de cordes, les deux oeuvres et surtout la seconde symphonie furent interprétée de façon magistrale. J'ai, je dois dire, une préférence pour la seconde, on y trouve toute la fougue et la jeunesse d'un jeune prodige de 17 ans âge auquel le compositeur mis sur le papier ce petit chef d'oeuvre.

Faisant suite à la première symphonie, c'est anxieux que j'attendais le concerto en fa mineur de Chopin. Je me méfie des artistes japonais, littéralement pondus à la chaine et souvent pour ne pas dire toujours croyant que virtuosité et vitesse rhyment avec talent. Le cas Lang Lang en est presque caricatural sans parler des grimaces et autres gesticulations et regards aux yeux révulsés histoire de se donner l'illusion qu'on est inspiré.

Oh surprise! Oh bonheur! Mme ou Mlle Kodama joue avec sobriété. Je ne la voyais pas de face et peut-être me suis-je laissé prendre mais une chose est certaine, pas de mains quittant le clavier pour monter jusqu'aux cintres pour aborder un pianissimo sur les touches. Tout son jeu est en finesse, sans emphase. Chopin est trop souvent massacré par des excès de rubato pour ne pas souligner ici la délicatesse et la mesure de l'artiste qui ne tombe pas dans ce piège grand ouvert.

Lors du second mouvement, elle réussit à m'émouvoir au maximum et je ne puis faire meilleur compliment à Momo Kodama. Quel dommage que ce manque de violons fit perdre tout son effet au troisième mouvement au passage central où les violons frappant de l'archet sur leur caisse, donnent cette impression de froissement sonore. On ne l'entendait pas alors que nous étions placés avec mon amie Marianne, au 1er rang de corbeille pratiquement à la verticale des pupitres.

Une très belle interprétation doublée d'un bis, sans doute une des mazurkas de Chopin, je ne le garantis pas car cela fait longtemps que je ne les ai pas écoutées.

Après l'entracte, le concert commence par les quatre pièces romantiques pour piano et volon de Dvorak. Mme Nemtanu est certainement une très bonne violoniste, mais ce ne sera jamais une Grande violoniste. Son son n'est pas pur et l'on n'arrive pas à oublier la présence de l'archet sur les cordes. Dommage car sinon l'interprétation en soi ne laissait rien à désirer.

Le concert se terminait donc avec la seconde symphonie de Schubert, un sans faute à tous les niveaux.