Une fois de plus et la dernière jusqu'à sa réouverture pour des travaux dont on se demande ce qu'ils peuvent bien être dans un théâtre classé aux monuments historiques et qui en a déjà subi de nombreux , la direction du Châtelet commet un sans faute en faisant venir une troupe anglaise pour montrer son savoir faire inégalable en matière de comédie musicale.

42d Street est une comédie musicale de Harry Warden pour la musique et Al Dubin pour les chansons sur un livret de Michael Stewart et Mark Ramble s'inspirant entre autres du film du même nom de 1933 réalisé par  Lloyd Bacon.

Elle fut produite par le grand David Merrick en 1980 remportant de mutliples prix aux Tony Awards 1981. La première new yorkaise du 25 aout 1980 fut marquée par un évènement tragique lorsque David Merrick annonçât au public et sans doute aux artistes qui ne le savaient pas que le grand chorégraphe Gower Champion qui avat signé la chorégraphie du spectacle, venait de mourir dans l'après midi même. Le spectacle dans sa première version teint l'affiche pendant 3486 représentations ce qui en fait le 14e spectacle le plus joué à Broadway à la date du 22/9/2015.

La production montée au Châtelet est celle révisée par l'un des librettites en 2001. La comédie musicale va faire l'objet d'une nouvelle production à Londres cette année.

Jerry Orbach marquât de façon quasi indélébile par son interprétation, le rôle de Julian Marsch le metteur en scène qui dans l'intrigue tente de monter son dernier spectacle alors qu'il se sait très malade. On ne peut s'empêcher de voir dans ce détail du rôle une sorte de prémonition du destin tragique du chorégraphe.

Le spectacle donné ce soir au Châtelet est au dessus de tous éloges même si l'on peut de ci de là faire quelques réserves. Il est certain que lorsqu'on a eu la chance comme moi d'avoir vu le spectacle en 1982 avec Orbach, l'actuel détenteur du rôle est loin de lui arriver à la cheville.

Un des grands défauts mais qui est commun à toutes les productions actuelles est l'utilisation de micros visibles des spectateurs. Ici soit ils marquent de leur présence la joue de l'acteur soit son front alors qu'il est parfaitement possible de cacher le micro dans les cheveux ou la perruque de l'acteur. Si on pouvait le faire dans les années 80 sans les moyens technologiques actuels , on a aucune excuse à enlaidir le visage d'un acteur par la présence de ce petit micro d'une grande sensibilité.

 L'héroïne principale, Peggy Sawyer, est interprétée par  Monique Young qui a 25 ans, sort à peine d'une des brillantes écoles d'art dramatique britanniques. Elle a l'âge du rôle et on sent l'enthousiasme et la joie d'être sur scène transpirer de tout son être.

Billy Lawlor le jeune premier de la troupe est interprété par Dan Burton qu'on avait déjà vu au Châtelet dans le rôle de Don Lockwood dans Singing in the rain où il tentait d'égaler le grand Donald O'Connor du film. Il a du talent mais est assez inégal et par ailleurs a sans doute été déssservi en première partie par un problème d'équilibrage des voies coté son. La plantureuse Jennie Dale tient le rôle de Maggie Jones et est parfaite; Carl Sanderson lui donne la réplique dans le rôle de Bert Barry et tous deux se livrent à délirant numéro de bel canto dans la première partie du spectacle.

Le spectacle mis en scène par Stephen Mear spécialiste du genre est mené tambour battant, les ensembles sont parfaits, et les numéros de claquettes vous laissent pantois.

"Stephen Mear connaît bien les claquettes puisqu'il en fait depuis l'âge de 3 ans. Pour 42nd Street, il offre cinq grands numéros qui ont demandé d’intenses répétitions. Ajoutez un orchestre très cuivré qui sonne comme un brass band de 26 musiciens qui swinguent, et vous obtenez le spectacle qui fait du bien pour les fêtes de fin d'année". (source http://www.francetvinfo.fr/ )

Le spectacle tient l'affiche quasiment à guichets fermés depuis la mi novembre et donnera sa dernière représentation le 8 Janvier prochain. Tentez de trouver une place pour ce dernier spectacle choisi par l'actuel directeur du Châtelet Jean-Luc Choplin qui a su  en 11 ans  hisser ce théâtre parisien à un tel niveau qu'on en parle jusqu’à Broadway. Il n'a pas choisi 42nd Street au hasard, pour lui c'est une sorte de bouquet final : "Je voulais faire la fête, célébrer les artistes et leur travail, célébrer New York."

C'est un sans faute que la sotte de la mairie de Paris par sa soit disant politique culturelle met gentiment à la porte! Vive la culture socialiste! Soyez compétent et Mme Hidalgo vous mettra au chomâge scéance tenante.