En 2009   le Festival de Baden Baden donnait la magnifique production de Herbert Wernicke du Chevalier à la Rose de Richard Strauss avec dans les deux rôles principaux Renée Fleming et Sophie Koch.

Cette production créée au Festival de Salzbourg dans les années 90, fut importée à Paris en 1997 et reprise en 2016 toujours à Bastille.

Wernicke a disparu hélas en 2002 à l'âge de 56 ans.

On peut voir sur YouTube cette mise en scène très originale et dont j'ai dû parler après l'avoir revue il y a 3 ans.

Le seul reproche que l'on peut ici est le choix de René Fleming pour le rôle de la Maréchale, Princesse de Wurtemberg. Elle ne peut rivaliser ni avec Elisabeth Schwarzkopf , ni Christa Ludwig qui fut une grande interpr^te du rôle du temps de Liebermann en 1977 à Garnier et encore mois celle que personnellement je trouve la plus fantastique et émouvante Maréchale des 50 dernières années, Kiri Te Kanawa.

Fleming manque de cette noblesse, cet art du maintien et d'une sorte de pudeur que doit faire paraître le rôle tout particulièrement au premier acte perpétuels contrastes entre la comédie dramatique et le drame qu vit cette femme qui prend conscience qu'elle ne peut plus poursuivre sa liaison avec Octavian et qui dans une certaine mesure arrive à l'heure du bilan et des tristes réalités. Il faut être imprégné de la culture européenne et de nos restes de culture d'ancien régime pour comprendre et faire passer au spectateur ces divers sentiments, mais aussi attitudes et le metteur en scène qui a pris la suite de Wernicke pour cette production à Baden Baden n'a plus tout à fait les connaissances nécessaires dans ce domaine sinon il n'aurait pas fait quelques erreurs dont deux inacceptables, faire manger des spaghettis en scène au ténor italien ce qui n'est nullement prévu dans le livret et n'apporte que de la vulgarité gratuite à la scène, et un peu plus tard la comtesse défait sa coiffure, ôte son postiche, là encore jamais une femme de la noblesse ne se prêterait à ce genre d'acte devant un tiers sauf sa camériste bien entendu.

Dans son maintien Fleming manque de noblesse également, pour s'en convaincre il suffit de regarder la scène finale du premier acte et de la comparer à la même scène dans la production du Covent Garden avec Te Kanawa, bouleversante dans les dernières mesures où pensive, le cameraman a réussi à capter les deux larmes coulant sur ses joues tandis que le rideau se ferme.

La grande réussite de la production de Wernicke est bien entendu les décors qu'il a conçu, jeux de grands miroirs dont le verso est constitué par les images du décor des pièces du château et de le taverne finale ainsi que de l'allée forestière du final du troisième acte. Cela crée une sorte de kaléidoscope visuel permettant en plus des effets lors des changements de décors.

C'est Christian Thielemann qui dirige cette soirée à regarder avant bien entendu que des grincheux du copyright la fasse retirer du net.