En 1961 à la fin de ma première année de prépa, mes parents m'ont envoyé en Allemagne dans le cadre d'un échange avec un jeune Allemand dans la ville de Reutlingen en Bavière proche de la ville universitaire de Tübingen.

J'étais censé apprendre la langue malheureusement mes hôtes parlaient parfaitement l'anglais et le résultat fut pour le moins médiocre sinon que je suivais pendant les trois mois de mon séjour les cours dispensés aux militaires de la garnison d'occupation française dispensés par la municipalité. Je finis tout de même par pouvoir me débrouiller pour trouver mon chemin voire faire des courses.

Mes hôtes originaires de Dresde avait fuit  la ville dévastée et de leur maison il ne leur restait qu'un vase en cristal bleu devenu ovale sous l'effet de la chaleur; inutile de dire qu'à l'époque mes connaissances sur la seconde guerre mondiale étaient plus que sommaire; le sujet n'était ni abordé en classe, ni à la maison, mon père ayant perdu ses parents assassinés par les Nazis à Budapest en 1944.

Mes hôtes de même passaient ce sujet épineux sous silence. Monsieur Kaiser était médecin et l'une de ses clientes était la comtesse  von Urach dont la famille était propriétaire du château de Lichtenstein proche de la ville. Le château fortement endommagé durant la guerre était en cours de restauration. Je pense qu'il lui fallut pas mal de forve de caractère pour déciider de mon séjour. Moi-même je n'ai su que bien des années après ce qui était arrivé à mes grands parents et dois dire honnétement que si j'avais eu connaissance des faits, j'aurais refusé de partir.

Mes hôtes me présentèrent à la comtesse qui m'invita à venir prendre le thè au château lors de mes nombreuses ballades à vélo dans cette magnifique région. Voici une photo de cet endroit digne d'un conte de Perrault dans le plus pure style médiéval datant du XIXe siècle, le duc de l'époque ayant décidé de suivre la mode et de refaire faire le château dans ce style. Celui d'origine dont les ruines existent toujours datait du XIIIe siècle. J'ai le souvenir d'une montée à vélo particulièrement raide sur un chemin non viabilisé à l'époque menant au pont levis!

Souvenirs de jeunesse