Voici démontré comment un même sujet peut de rébarbatif devenir passionnant tout en état un vecteur éducatif.

Jean Yves Le Naour sous le titre du livre cité en titre et publié en mai dernier chez Fayard, au travers d'un roman historique, retrace l'épopée des 177 Commandos du Commandant Kieffer.

Les puristes pousseront des hauts cris. et pourtant même si certains des protagonistes du roman ont soit été créés de toutes pièces pour les besoins de l'action, soit n'ont vraisemblablement pas tenu les propos ou accomplis les actes que leur prête l'auteur, pour nous lecteurs ils prennent une dimension réelle, physique et psychologique.

Ici point de statistiques, d'individus presque nommés sous leur matricule; René ou Tignac dit Tarzan ou Bouarfa sont des êtres vivants avec leurs rêves, leurs angoisses, leurs mesquineries.

Kieffer apparaît en chair et en os et non en figure historique impalpable.et désincarnée.

En 232 pages Le Naour nous met dans le bain de l'entraînement surhumain que Kieffer a mit sur pied avec les Anglais dans le château écossais où se déroule l'action et la préparation de l'unité qui sera la première à mettre les pieds sur le sol Français le matin du 6 Juin 1944.

Les lieux sont réels, Achnacarry est bien celui du camp de formation de ces jeunes âgés de vingt  ans à peine pour la majorité d'entre eux et qui ont tout abandonné pour rejoindre la France Libre consternés qu'ils étaient de la débâcle et de la passivié de leurs ainés devant l'Allemagne Nazie.

Que nous importe de savoir si vraiment Bollo et ses trois copains de lycée ont vraiment décidé de partir à l'insu de leurs parents sur un esquif prenant l'eau de toute parts. Ils sont là réels avec leur naïveté d'enfants d'à peine 18 ans voire moins. Ils nous touche et on les admire et on vibre avec eux.

Ce petit roman de rien du tout joue un véritable rôle éducatif comme le firent ceux de Dumas pour la connaissance du siècle de Louis XIII et de Louis XIV, ou ceux de Hugo nous peignant la misère du Paris du XIXe dans les Misérables. Le Naour ne se prend évidemment pas pour ces monuments de la littérature Française, du moins on espère qu'il en a la sagesse, mais dans des phrases bien construites, en parlant le Français des jeunes de l'époque, il nous met totalement dans le bain de cette fantastique aventure que ces 177 hommes ont vécu, dont seuls 63 revinrent vivants et que le pays par ces dirigeants plus enclins de pouvoir et mots creux ne décorèrent qu'en 2001 de la médaille militaire. En 2014 ils sont encore dix parmi nous à pouvoir nous transmettre leurs souvenirs. Seule la Grande Bretagne véritablement rendit justice à leur courage, alors que leur pays natal les toisait du haut de leur mépris pour n'avoir pas été sous le commandement effectiif de l'armée de la France Libre.

Comme le fait remarquer Kieffer en acueillant ses recrues qui n'avaient pas compris au départ, la première force d'un groupe c'est son esprit collectif orienté vers une cause commune, ni De Gaulle ni l'Amiral d'Argenlieu n'avaent vraiment compris que dans des circonstances comme celles qu'ils vivaient l'esprit d'équipe devait passer avant les considérations de nationalités.

Un joli livre à lire et à faire lire à vos enfants à qui cela donnera un cours d'histoire distrayant car il y a des passages particulièrement drôles également.

Le Naour signe là son premier roman et fait un sans fautes. Bravo.